2014.05.25

La foi qui sauve

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Nous arrivons à la dernière prédication de cette série sur la foi. Aujourd’hui nous allons parler de la foi qui sauve.

Lors de la première prédication de la série, nous avions parlé du contenu de la foi, en quoi est-ce que nous croyons et aussi en quoi est-ce que nous ne croyons pas. Nous avions vu que la foi chrétienne est une foi solide, qui s’appuie sur des sciences telles l’histoire, la philosophie, l’archéologie, l’étude des langues anciennes et qui as des applications aussi dans la psychologie et dans l’accompagnement spirituel et humain.

Nous avions vu que notre foi peut se définir assez simplement à partir du Credo des Apôtres, mais que quand on commence à approfondir, il y a du terrain pour des longues années d’études.

La deuxième prédication que nous avons entendue s’intitulait : « la foi qui déplace les montagnes ». Nous avons essayé de comprendre ce que voulait dire Jésus quand il a dit que, si on a une foi de la taille d’un grain de moutarde, on pourrait dire à une montagne d’aller se jeter dans la mer, et elle le ferait. Nous avions réfléchit à des questions comme : est-ce que c’est la foi qui produit le miracle, ou est-ce que c’est Dieu ? Est-ce que la réponse à nos prières doit toujours être immédiate et miraculeuse, ou est-ce que les prières qui s’accomplissent dans le temps peuvent aussi être considérées comme des vraies réponses de Dieu ? Quelle est l’importance de la patience ?

Et finalement, nous avions discuté sur le thème de la place du miraculeux dans la vie de l’église. J’avais argumenté que, oui, les chrétiens nous croyons que Dieu peut faire des miracles, mais le culte n’est pas l’endroit approprié pour aller chercher le miracle. Néanmoins, je voudrais encore redire aujourd’hui, comme j’avais dis la dernière fois, que le culte est quand même un endroit où on doit se sentir libres de chanter, de lever les mains, de danser, de raconter un témoignage, ou de demander la prière… Le Saint Esprit peut toucher notre cœur pendant la louange, la cène, la prédication… et nous sommes tout à fait dans l’attente de cela. Si vous le voulez, vous pouvez réécouter ces prédications sur notre site web : www.epb79.fr

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Bien, une fois nous avons fait ce petit rappel des dernières prédications, je voudrais aujourd’hui finir cette série par, sans aucun doute, la dimension la plus importante de la foi : la foi qui sauve, la foi comme le moyen pour le salut.

Le verset qui résume le plus clairement cette réalité, est Ephésiens 2 : 8

« Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. »

C’est ce verset que je voudrais analyser aujourd’hui, en lui posant plusieurs questions :

Qu’est-ce que ça veut dire être sauvés par grâce, par le moyen de la foi ? Qu’est-ce que ce mot moyen signifie ?

Et après, la deuxième partie de ce verset : « cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu ». Qu’est-ce qui ne vient pas de nous ? La grâce ou la foi ? Sommes-nous conscients de ce don, de ce cadeau que Dieu nous a fait ?

Commençons déjà par parler de la première partie de ce verset. « C’est par grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi ».

Comment est-ce que vous définiriez le mot « grâce » ici ? Vous avez une idée ?

Je voudrais vous donner une définition de la grâce de Dieu : La grâce c’est l’initiative de Dieu, d’envoyer son Fils Unique pour mourir sur la croix en notre faveur.

La grâce c’est l’initiative de Dieu, personne ne le lui a demandé, il l’a fait parce qu’il a voulu, d’envoyer son Fils Unique pour mourir sur la croix en notre faveur.

Est-ce que cela dépend de nous ? …………………… Non, je ne pense pas. C’est Dieu tout simplement qui a décidé de venir sur la terre pour mourir, comme sacrifice expiatoire, pour nos péchés. Et on peut se poser cette question, que d’ailleurs beaucoup se posent : Pourquoi est-ce que quelqu’un doit mourir pour que le péché soit pardonné ?

Dieu aurait pu simplement dire : je pardonne tout le monde, sans aucune condition. Ne vous inquiétez pas ! vous êtes tous pardonnés ! …Mais il ne l’a pas fait. Tout le mal de ce monde, qui est commis jour après jour : meurtres, viols, maltraitances physiques, ou psychologiques, haine, égoïsme et rancœur ne peuvent pas être tout simplement effacés en disant : « ce n’est pas grave ». Vous vous imaginez ? Faire comme si tout ça n’existait pas, comme si ce n’était pas grave, pardonner tout cela sans aucune conséquence, serait dire que finalement le mal n’est pas si mal. Ce serait dire que tout le mal commis sur cette terre n’est, finalement pas si grave. Mais pour Dieu, le péché est quelque chose de très grave, parce qu’il produit la souffrance de ce monde. C’est pour ça que Dieu, dans sa justice, a dit : il faut payer pour tous ces crimes.

Le problème était celui de comment faire payer tout ça ? Comment va-t-on évaluer chaque faute, petite ou grande, et la faire payer à chacun ? Chaque pays essaye de faire cela tant bien que mal. Nous avons des tribunaux de justice, et en France le meurtre avec préméditation c’est X années de prison, je ne sais pas combien, aux Etats Unis ça peut aller dans certains états jusqu’à la peine de mort, et dans d’autres pays ça peut être encore autre chose. Comment rendre justice à chacun ? Voilà une question philosophique importante. Et en plus, en sachant que tous n’ont pas les mêmes opportunités dans la vie. C’est sûr que le taux de criminalité est plus élevé dans les milieux plus défavorisés. Est-ce que voler du pain pour manger est vraiment un crime ? Il y a tout un tas de questions que nous pouvons nous poser de façon légitime.

Et Dieu, qui dans sa justice et son amour prend en compte tous les éléments, a décidé d’ouvrir une porte de salut aux hommes, en justifiant ceux qui croient en lui. Romains 3. Il a décidé qu’au lieu de faire payer à chacun ses propres crimes, petits ou grands, il allait les charger lui-même sur la croix.

Le livre d’Esaïe, qui a été écrit 700 ans avant la venue de Jésus Christ, en parlait déjà :

Je vais lire au chapitre 53 d’Esaïe, et je vous invite à tout simplement écouter ces paroles, fermer les yeux si vous voulez, réfléchir à ces mots.

Esa 53:1  Qui a cru à ce qui nous était annoncé? Qui a reconnu le bras de l'Éternel?

Esa 53:2  Il s'est élevé devant lui comme une faible plante, Comme un rejeton qui sort d'une terre desséchée; Il n'avait ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards, Et son aspect n'avait rien pour nous plaire.

Esa 53:3  Méprisé et abandonné des hommes, Homme de douleur et habitué à la souffrance, Semblable à celui dont on détourne le visage, Nous l'avons dédaigné, nous n'avons fait de lui aucun cas.

Esa 53:4  Cependant, ce sont nos souffrances qu'il a portées, C'est de nos douleurs qu'il s'est chargé; Et nous l'avons considéré comme puni, Frappé de Dieu, et humilié.

Esa 53:5  Mais il était blessé pour nos péchés, Brisé pour nos iniquités; Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, Et c'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris.

Esa 53:6  Nous étions tous errants comme des brebis, Chacun suivait sa propre voie; Et l'Éternel a fait retomber sur lui l'iniquité de nous tous.

Esa 53:7  Il a été maltraité et opprimé, Et il n'a point ouvert la bouche, Semblable à un agneau qu'on mène à la boucherie, A une brebis muette devant ceux qui la tondent; Il n'a point ouvert la bouche.

Esa 53:8  Il a été enlevé par l'angoisse et le châtiment; Et parmi ceux de sa génération, qui a cru Qu'il était retranché de la terre des vivants Et frappé pour les péchés de mon peuple?

Esa 53:9  On a mis son sépulcre parmi les méchants, Son tombeau avec le riche, Quoiqu'il n'eût point commis de violence Et qu'il n'y eût point de fraude dans sa bouche.

Esa 53:10  Il a plu à l'Éternel de le briser par la souffrance... Après avoir livré sa vie en sacrifice pour le péché, Il verra une postérité et prolongera ses jours; Et l'oeuvre de l'Éternel prospérera entre ses mains.

Esa 53:11  A cause du travail de son âme, il rassasiera ses regards; Par sa connaissance mon serviteur juste justifiera beaucoup d'hommes, Et il se chargera de leurs iniquités.

Esa 53:12  C'est pourquoi je lui donnerai sa part avec les grands; Il partagera le butin avec les puissants, Parce qu'il s'est livré lui-même à la mort, Et qu'il a été mis au nombre des malfaiteurs, Parce qu'il a porté les péchés de beaucoup d'hommes, Et qu'il a intercédé pour les coupables.

Esaïe a parlé de cette grâce de Dieu, à travers du sacrifice de Jésus, 700 ans avant que celle-ci n’arrive. Les paroles de ce texte sont poignantes :

Mais il était blessé pour nos péchés, Brisé pour nos iniquités; Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui

Nous étions tous errants comme des brebis, Chacun suivait sa propre voie; Et l'Éternel a fait retomber sur lui l'iniquité de nous tous.

Après avoir livré sa vie en sacrifice pour le péché, Il verra une postérité et prolongera ses jours

Par sa connaissance mon serviteur juste justifiera beaucoup d'hommes

il s'est livré lui-même à la mort, il a porté les péchés de beaucoup d'hommes

Quand nous parlons de la grâce de Dieu, voilà ce que ça signifie. Jésus a payé pour tout le mal qui existe sur cette terre. Il a payé pour les péchés de tous les hommes, lui qui était juste, afin que nous ne devions pas payer nous-mêmes le châtiment pour notre péché. Comment considérer ceci autrement que comme un cadeau ? Nous sommes donc sauvés par grâce, c’est un cadeau de Dieu, par le moyen de la foi, va écrire Paul dans son épître aux Ephésiens.

Est-ce que c’est donc la foi qui sauve ? Je pense qu’on doit répondre « NON » à cette question. La foi n’est qu’un moyen pour le salut, mais c’est Jésus qui sauve.

Et arrivés à ce point, je voudrais donc étudier avec vous cette question du moyen. Que veut dire cette phrase : « par le moyen » de la foi ? Le mot grec utilisé ici, c’est la préposition dia, qui signifie « à travers de », « par » ou encore « par le moyen de… », comme c’est traduit dans la version de la Bible Louis Segond, ou encore la Bible du Semeur.

Je voudrais prendre un exemple assez simple.

Imaginez que vous êtes invités à manger chez des bons amis, pour passer une soirée amusante, intéressante, agréable… Qui n’aime pas aller chez des amis pour passer une bonne soirée ?

Quand vous avez reçu cette invitation, vous prenez votre voiture pour aller chez ces amis et profiter donc de la soirée ensemble. La voiture, le bus, ou encore les jambes… sont le moyen que nous avons pour nous déplacer chez nos amis. Si je ne vais pas à la soirée, mes amis auront préparé le dîner, la table sera mise, le feu de bois sera allumé dans la cheminée, la bouteille de vin et les verres seront prêts à être servis, mais moi, je n’y gouterai pas. Tout simplement parce que je n’aurais pas fait ce déplacement nécessaire. Vous comprenez ?

Dieu nous prépare une demeure dans le ciel, dis Paul dans la 2ème épître aux Corinthiens chapitre 5. Il est en train de tout installer pour que nous puissions être avec Lui, parce que l’œuvre de Jésus à la croix nous a réconcilié avec Dieu, nous sommes donc tous invités à diner avec Dieu. Je pense qu’il a envoyé ces invitations au monde entier. Jésus a ouvert une voie pour nous, qui n’est pas que pour le Ciel, elle est déjà pour aujourd’hui aussi. La foi, c’est simplement le moyen d’y accéder. C’est comme la voiture, le bus, le moyen de transport. La foi en elle-même ne sert pas à grand-chose, elle peut nous mener n’importe où. La foi en Jésus Christ, nous mène à la bonne maison, celle où nos amis nous attendent pour dîner.

« Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. »

Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. On pourrait parler longuement sur cette deuxième partie du verset. Il y a beaucoup de questions théologiques autour de ce sujet.

Est-ce que le moyen de la foi est aussi un don de Dieu ? Dans ce cas, seulement ceux qui reçoivent le don de la foi sont capables de croire en Dieu, et donc d’être sauvés. Voici la position de Jean Calvin, sur la prédestination, et c’est pour ça que ceux qui croient en la prédestination sont appelés « calvinistes ».

Ou alors, est-ce seulement la grâce qui est don de Dieu. Dans ce cas, est-ce qu’on peut y rajouter aussi des œuvres. Et on rentre dans le débat du salut par la foi ou les œuvres.

Mais je voudrais laisser de côté tous ces débats, et parler de manière pratique de ce don de Dieu, comme un cadeau pour aujourd’hui et maintenant. Je sais que la vie n’est pas forcément toujours facile, et qu’en ce moment, certains traversent peut-être des grosses difficultés. On peut se poser plein de questions dans la vie, on peut se sentir perdus, on peut avoir des doutes, on peut avoir envie de tout laisser tomber. Mais le don de Dieu, c’est aussi celui de s’être rapproché de nous, et d’être présent. Il est là pour nous, quand nous allons bien, et aussi quand nous allons mal. Le don de Dieu, c’est qu’il nous envoie une corde à laquelle nous rattacher quand on est en train de couler. David, en écrivant ses psaumes va dire : l’éternel est ma lumière et mon salut, de qui aurais-je peur ? Le Seigneur est le roc, il est le soutien de ma vie. Je peux m’accrocher à Lui, il est un repère stable pour moi.

Le don de Dieu c’est la Bible, et tous les enseignements qu’on en tire, quand nous sommes seuls à la maison en la lisant, ou quand nous écoutons une prédication ou un enseignement, à l’ église ou encore sur internet. La Bible nous donne des repères pour apprendre à vivre bien notre vie. Le don de Dieu, c’est qu’il ne nous laisse pas seuls, il est là pour nous enseigner et pour nous soutenir.

Voilà la fin de cette série sur la foi : « ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ». Jésus nous invite à croire en Lui, croire avec conviction, croire fermement qu’il est là pour nous, qu’il nous aime et qu’il peut nous aider. Je vous invite tous à croire, croire en Jésus premièrement, comme un moyen pour le salut. Et croire que les situations difficiles que vous pouvez traverser sont surmontables, si nous mettons toute notre confiance en Jésus.

Si certains d’entre vous ont besoin de prière à la fin du culte, moi et aussi les membres du conseil de l’église, nous sommes disponibles pour prier un moment avec vous. Allez-y sans crainte. Que Dieu vous bénisse.