Dimanche 25 août 2013 - La liberté face à l’argent

argent de poche

Introduction

Nous arrivons à la dernière prédication de cette série du mois d’août que nous avons intitulé « La vie nouvelle ». Déjà, la semaine dernière nous avons parlé d’un sujet important mais délicat : la sexualité. Aujourd’hui, je voudrais vous parler d’un autre sujet important et également délicat, même si dans un autre ordre de choses : c’est l’argent. Mais avant de commencer, je voudrais revenir comme j’ai fait chaque dimanche, au titre de notre série de prédications : la vie nouvelle.

Effectivement, nous pouvons nous demander pourquoi nous aurions besoin d’une vie nouvelle. « Ma vie est très bien comme elle est ! ». D’autres au contraire, se disent peut-être : « j’aimerai tellement changer de vie, avoir une vie nouvelle, mais je suis bloqué dans cette situation et je ne vois vraiment pas comment ma vie pourrait changer ». Quelles sont les différentes « vies nouvelles » que nous pouvons obtenir, et quelle est la vie nouvelle d’après Jésus ?

Quand nous surfons sur internet, on nous propose souvent une vie nouvelle. « Faites click ici, et votre vie changera ». Il y a un temps, un jeu qui s’appelait « Second Life » a eu beaucoup de succès sur internet. Second Life en anglais, signifie « Deuxième Vie », et c’est vraiment ce que ce jeu offrait aux joueurs : une seconde vie virtuelle. On pouvait créer son propre personnage, avec le profil qu’on voulait (homme, femme, grand, joli, musclé…) et se balader dans les rues de la ville, aller prendre un café virtuel avec d’autres joueurs et comme ça faire des rencontres, parler… Voilà ce qui ressemble à une vie nouvelle !

Sans aller si loin dans la vie virtuelle, c’est vrai que sur internet on trouve tout. Il y a des annonces pour acheter en ligne et être directement livré chez vous, des nouveaux meubles pour donner à votre maison un nouveau style, plus joli et moderne. On peut aussi acheter des préparations alimentaires qui vont nous permettre de maigrir en très peu de temps. On peut acheter des vitamines en comprimés qui nous redonneront l’énergie qui nous manque. Des matelas de dernière génération qui nous permettront de mieux dormir la nuit… Il y a même des sites de rencontres pour trouver le ou la partenaire que nous attendons tellement. Internet est un outil qui nous permet, peut-être, de changer notre vie.

Et bon, je ne dis pas qu’internet est mauvais, loin de là. Il faut savoir l’utiliser, mais évidemment, c’est utile. Mais quand Jésus a parlé à Nicodème en lui disant qu’il pouvait « naître de nouveau », il ne faisait référence ni à une vie virtuelle sur internet, ni à refaire le salon de sa maison, et même pas à trouver un partenaire pour la vie, une femme ou un mari. L’expression utilisée par Jésus est bien plus radicale que cela. Vous vous imaginez ? Naître de nouveau. C’est carrément tout recommencer. Je ne sais pas combien seraient disposés à naître de nouveau et à recommencer leur vie de 0. Moi j’aurais du mal. Naitre de nouveau, c’est difficile.

Mais, allez, concrètement, que signifie « naitre de nouveau » pour Jésus ? Je pense qu’il s’agit de faire naître en nous une nouvelle vie, une vie spirituelle. Il s’agit en premier lieu de croire en Dieu, croire qu’il existe, et de cette façon, nous pouvons parler avec Lui. On ne parle pas à ce qui n’existe pas, ou alors, on souffre d’hallucinations. Mais si on croit que Dieu existe, et on veut s’approcher de Lui pour le connaitre, alors nous voyons naitre en nous une vie intérieure avec Jésus. Nous pouvons le prier, lui expliquer comment nous allons, quelles sont nos frustrations, quels sont nos désirs. Nous pouvons lui demander de nous aider dans certains passages difficiles de notre vie, ou simplement parce que nous avons besoin de soutien à un certain moment. Nous commençons ainsi une relation avec Dieu. Voilà ce qu’est cette nouvelle naissance. Ce n’est pas une nouvelle vie « virtuelle », mais une nouvelle vie « spirituelle ».

Au début, ça ne change pas forcément notre vie quotidienne. Nous continuons à travailler ou étudier, ou autre… comme d’habitude. Nous devons aller faire les courses, chercher les enfants si nous en avons, faire la vaisselle… et nous sortons nous détendre au cinéma de temps en temps. Mais petit à petit, cette vie intérieure avec Dieu nous transforme. Elle transforme notre vie et notre être, parce que nous n’avons plus les mêmes valeurs.

Nous n’avons plus besoin de nous battre pour essayer de donner un sens à notre vie. Le sens de notre vie nous est donné.

Nous n’avons plus besoin d’essayer de justifier qui nous sommes ou ce que nous faisons, nous sommes justifiés par Dieu.

Nous n’avons pas besoin de courir derrière la gloire, les richesses ou la vaine gloire pour montrer notre importance. Nous sommes aimés par Dieu.

L’apôtre Paul dit dans l’épître aux romains que nos pensées et notre intelligence sont renouvelées, « afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait ».

A partir de ce moment, nos pensées et nos désirs se déplacent du centre vers l’extérieur, dans un mouvement centrifuge. Nous nous éloignons nous-mêmes du centre de nos vies, et nous permettons à Jésus de se placer au centre. Nous cédons notre place à Dieu. Je voudrais illustrer cela très simplement. Voilà, ça c’est nous. Nous sommes assis sur le trône de notre cœur, et nous vivons une vie qui essaye de combler tous les désirs que nous avons. Mais maintenant, Jésus nous demande de prendre cette place. Ce n’est pas qu’il veut nous dominer, mais il veut nous montrer qu’une vie centrée sur son prochain et meilleure qu’une vie centrée sur soi-même. Pour cela, il doit nous déplacer du centre de notre vie, et tomber aux pieds de Jésus.

Donc, notre vie a changé, non pas d’une manière extérieure, comme on a vu que cela pouvait se trouver sur internet, mais d’une manière intérieure. C’est ce que le prophète Ezéchiel avait déjà annoncé quand il a dit :

Ezé 36:26  Je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau; j'ôterai de votre corps le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair.

Et comment obtenir cette vie nouvelle ? La Bible nous dit qu’en premier lieu, comme nous l’avons déjà vu, il faut croire. Croire qu’il existe est le premier pas pour commencer à connaitre Dieu. Sans ça, ce n’est pas possible. Mais deuxièmement, il ne suffit pas de croire. Jacques nous dit que les démons eux aussi croient en Dieu, et ils tremblent ! Nous devons donc aussi lui permettre de venir se placer au centre de notre vie. Cela se fait en reconnaissant que nous avons besoin de Lui, parce que nous sommes pécheurs. Il faut juste reconnaitre cela, demander pardon, et donner cette place à Dieu. C’est quand même une décision compliquée. Mais Dieu ne vient pas prendre cette place centrale pour vous enlever quelque chose, il vient pour vous donner, pour vous accompagner, pour vous aider. Nous pouvons avoir entièrement confiance en Lui, sachant qu’il est un Dieu d’amour, et que Lui déjà, il a donné tout ce qu’il avait pour nous : la vie de son Fils, Jésus Christ. Jean nous rappelle au chapitre 3 de son évangile que c’est parce que Dieu a aimé le monde, donc chacun de nous, qu’il a donné son Fils. Voilà un argument dur comme de l’acier, qui nous permet de savoir que Dieu nous aime.

Et maintenant je voudrais avancer, et revenir au thème d’aujourd’hui, qui parle de la liberté face à l’argent. Nous pouvons obtenir une nouvelle vie avec Dieu, mais cela ne veut pas dire que d’un coup nous sommes parfaits. Loin de là. Nous avons aussi besoin de faire un apprentissage, jour après jour, pour être des personnes meilleures. C’est pour ça que dans les dernières semaines nous avons parlé concrètement, de la liberté dans nos pensées. Nous avions dit qu’il y a une véritable bataille qui se livre dans notre tête, entre les bonnes et les mauvaises pensées. Tout commence par là. Donc, nous avions vu que quand les mauvaises pensées nous viennent à la tête, nous devions les emmener « prisonnières à Jésus Christ », comme l’avait dit l’apôtre Paul aux chrétiens de la ville de Corinthe, en Grèce.

Après, nous avions vu la liberté face au pouvoir. Cette tendance naturelle des hommes à rechercher le pouvoir, à se faire voir et à vouloir être premiers. Nous avions vu comment Jésus a renversé complètement cette mauvaise direction, en disant à ses disciples : Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. Nous avions vu que dans le Royaume de Dieu, contrairement à celui des hommes, les humbles sont rois, et que les premiers seront les derniers et vice-versa.

Finalement, la semaine dernière nous avons parlé de la liberté face à la sexualité. Nous avions dit que la sexualité est bonne, créée par Dieu, et que la Bible le dit à plusieurs reprises. Mais, en même temps, la sexualité est puissante. Billy Graham a dit : « Dans les mains de Dieu, la sexualité est le plus beau cadeau du monde. Mais dans les mains du diable, la sexualité peut être la chose la plus atroce au monde ». C’est pour cela que Dieu a instauré le cadre du mariage. Pour nous protéger  et permettre au couple de s’épanouir dans sa sexualité, en toute confiance et liberté.

 Nous avions donc dit que la vraie liberté sexuelle, ce n’est pas la vie libertine qu’on nous vend souvent à la télé. Cette vie libertine en réalité nous rend esclaves de la sexualité et nous domine. La vraie liberté face à la sexualité, c’est quand nous savons la dominer et la guider dans ce qui est bien, de la même façon que, quand un cavalier sait dominer son cheval, il est libre d’aller où il veut. Si c’est le cheval qui domine le cavalier, celui-ci n’est plus libre.

Après cette longue introduction, je voudrais enfin entrer dans le thème qui nous occupe aujourd’hui : la liberté face à l’argent.

Dans le nouveau testament, Jésus donne un nom à l’argent : Mammon. Quand on donne un nom à quelque chose, on le personnifie. Nous pouvons trouver un chat quelconque dans la rue, mais notre chat à nous est différent parce qu’il a un nom, il fait partie de notre famille. Jésus dit que le nom de l’argent c’est Mammon, mais dans ce cas, ce nom désigne un adversaire. « Vous ne pouvez pas servir Dieu et Mammon » dit-il dans le sermon sur la montagne.  

Donc, Jésus est en train de placer l’argent, qu’il appelle Mammon, comme un adversaire direct de Dieu. On dirait dans ce passage qu’il les met presque au même niveau. Mammon, c’est le Dieu Argent. Et nous ne pouvons pas servir les deux. C’est soit un, soit l’autre.

Pourquoi ces paroles de Jésus ? Est-ce qu’avoir de l’argent dans son portefeuille ou à la banque est quelque chose de mauvais ? Est-ce que Jésus veut que nous arrêtions d’utiliser l’argent et que nous revenions à une économie de troc ? Je ne pense pas qu’il s’agisse de ça.

Le problème de l’argent, de Mammon, c’est qu’il exerce une fascination chez l’humain. Les hommes ont tendance à sacraliser l’argent. L’argent est une sorte de toute-puissance, car grâce à lui, nous pouvons obtenir tout ce que nous voulons. Hélas, nous le savons, tout s’achète. Tout dans ce monde a un prix, et je ne vais pas aller plus loin de ce côté.

L’argent peut aller jusqu’à changer notre personnalité et même nous transformer. Pour de l’argent, on a vu des personnes abandonner ce qui était le plus important pour eux, et adopter des comportements contraires à toutes leurs valeurs.

Donc, l’argent, qui en principe à l’air d’être quelque chose de banal, présente aussi des dangers que nous devons connaître. Apprendre à donner à l’argent la place qui lui correspond va nous permettre de vivre une vie nouvelle et libre.  

1.      L’argent comme une sécurité.

La plupart des personnes vont dire que l’argent, pour eux, c’est une sécurité. C’est vrai qu’avoir un peu d’argent à la banque c’est pratique lorsque nous avons un imprévu. Ça nous permet d’être sûrs que quoiqu’il arrive, au moins, nous pourrons continuer à payer notre loyer et à donner à manger à nos enfants. Mais à nouveau, nous trouvons une rivalité entre Dieu et Mammon. A qui faisons-nous confiance ? A Dieu ou à notre compte bancaire ? Ou se trouve notre sécurité ?

La parabole du riche déraisonnable est une bonne illustration de cela.

Un homme riche a des terres qui lui rapportent de bonnes récoltes. Il accumule, construit des greniers, et se dit à lui-même « Mon âme a beaucoup de biens en réserve. Repose-toi, mange, bois, et fais la fête ». Mais Dieu lui répond qu’il va mourir. A quoi lui ont servi toutes ses richesses ? A rien. Même si cette personne a beaucoup d’argent, elle ne pourra jamais contrôler tout ce qui passe. L’argent donne une fausse impression de toute puissance. C’est donc plus sûr de faire confiance à Dieu qu’à l’argent, parce que nous savons que Dieu, Lui, est vraiment tout-puissant.

Dans la pratique, faire confiance à Dieu ne veut pas dire arrêter de travailler et attendre que l’argent nous tombe du Ciel. Non. Mais ça veut signifie d’être capables de nous détacher de l’argent, de ne pas nous sentir dépendants de lui. De cette façon, nous pouvons en profiter et être heureux avec ce qu’on a. Dans la vie, il y a des hauts et des bas. Probablement, vous le savez déjà, et sinon, je vous le dis. Il y a des fois où les choses vont bien, on a tout ce qu’il faut, mais la situation peut vite tourner. En tant qu’espagnol, j’ai vu ça de très près les dernières années à Barcelone. Donc, nous devons savoir trouver notre sécurité en Dieu. C’est très important.

Jésus continue dans le sermon sur la montagne, Matthieu 6, les versets suivant à celui qu’on a lu sur Mammon :

Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement?

Mat 6:26  Regardez les oiseaux du ciel: ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n'amassent rien dans des greniers; et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux?

Jésus, dans le sermon sur la Montagne, nous dit de ne pas nous inquiéter et de faire confiance à Dieu. C’est un passage à méditer longuement, chacun pour soi-même. Qu’est-ce que ça veut dire faire confiance à Dieu aussi dans l’argent ?

2.      L’argent comme une barrière qui nous sépare des autres

Dans cette parabole que nous avons vue, il y a un autre élément que je voudrais relever. Cette personne qui a tellement d’argent, se dit à soi-même, « mon âme, tu as beaucoup de biens en réserve. Repose-toi, mange, bois et fait la fête ». C’est curieux que cette personne se dise cela à soi-même. Il pourrait en parler à sa femme, ou à un ami. Apparemment, même s’il est économiquement riche, en ce qui est des relations, il ne l’est pas autant. Son seul interlocuteur est son âme.

L’argent peut isoler. Il peut être un motif de dispute entre frères, lors d’un héritage par exemple. Il peut facilement séparer les personnes. La richesse peut isoler, Attention ! Notre société qui n’a jamais été aussi riche, n’a jamais été aussi désespérée. La consommation d’anxiolytiques en est le signe. Donc, l’argent n’est pas là pour qu’on le garde précieusement sous notre matelas. Il est là pour être partagé avec d’autres.

Laissez-moi vous raconter une petite histoire pour illustrer cela :

« Un homme qui avait trouvé par hasard une bouteille dans le désert, libéra, sans le savoir, un génie. Celui-ci lui proposa, pour le remercier, d’exaucer tous ses vœux.

L’homme demande de vivre dans un château magnifique et d’être le seigneur d’un grand Royaume, de pouvoir s’enivrer des vins les meilleurs et se rassasier des mets les plus raffinés.

Le génie lui demande s’il ne veut rien d’autre, car lorsque ses vœux seront exaucés, il ne pourra pas revenir en arrière. L’homme demande aussi de beaux vêtements et un lit en or, les décorations les plus recherchées et les parfums les plus rares.

Le génie insiste une dernière fois et l’homme pense avoir trouvé la garantie du bonheur lorsqu’il demande de ne jamais vieillir, d’être toujours en bonne santé et que les biens qu’il désire se renouvellent éternellement.

Avec un profond soupir, le génie accomplit les vœux de son libérateur qui reçoit tout ce qu’il avait demandé… Mais quand il entre dans son château, il s’aperçoit avec effroi que ce dernier est désert. Il avait simplement oublié de demander des prochains pour partager ses bénédictions.

Jusqu’à la fin des temps notre homme est comblé de richesses et condamné à la solitude. Et l’éternité… c’est long ! »

3.      L’argent comme une bénédiction de Dieu

Je voudrais maintenant voir avec vous une question sur l’argent qui a été controversé dans les dernières années dans les églises. Il s’agit de ce qu’on a appelé « la théologie de la prospérité », un mouvement qui est né surtout dans les églises d’Amérique Latine. Cette « théologie » est contraire à la vérité biblique, et je vais vous expliquer pourquoi.

 La théologie de la prospérité part de la base que Dieu aime tellement ses enfants, qu’il veut toujours le meilleur pour eux. Jusque là, on est d’accord. Donc, le meilleur, c’est forcément avoir une bonne situation, de l’argent et des moyens. Si nous sommes obéissants et nous aimons Dieu, il va nous combler de biens, comme il l’a fait avec David et Salomon dans l’Ancien Testament. Pour eux, il y a une relation directe entre bon comportement chrétien, et bénédiction, qui est égal à richesse.

Le problème est alors que, si nous sommes pauvres, c’est qu’il y a quelque chose que nous sommes en train de mal faire. Nous n’avons pas suffisamment de foi. Notre amour envers Dieu n’est pas assez profond. Nous ne faisons pas suffisamment de bonnes actions. On voit vite où est le problème. Les riches deviennent des « élus de Dieu », qu’il faut respecter comme s’ils étaient les rois David ou Salomon. Les pauvres sont, en plus des mauvais chrétiens.

Analysons cela. Il est vrai que la Bible dit que Dieu bénit spécialement ses enfants. Dans ce sens, nous prions souvent pour que telle ou telle personne puisse trouver du travail, puisse sortir de sa difficile situation économique… Et Dieu répond parfois à ces prières. Mais, en premier lieu, les bénédictions ne sont pas uniquement économiques, et deuxièmement, nous ne pouvons pas du tout en faire une norme. Le cas de Job est le plus évident. Son ami Eliphaz lui dit que le malheur qui lui arrive est survenu à cause de ses péchés. Mais la fin du livre de Job nous apprend qu’il ne s’agit en aucun cas d’une punition pour quelque chose qu’il aurait fait. Tout simplement, nous ne pouvons pas comprendre toutes les actions de Dieu, il est trop grand et trop élevé au-dessus de nous pour pouvoir discuter avec lui. Le livre de Job ne donne pas une réponse à la question : pourquoi la souffrance ? Mais il nous dit que nous devons honorer Dieu.

Donc, y-a-t-il de lien direct entre prospérité économique et obéissance à Dieu ? Non. David dans les psaumes se plaint à Dieu que les méchants prospèrent alors que lui est dans la souffrance. Les livres de sagesse nous rappellent que la richesse est éphémère. Il y a la parabole de Jésus sur le riche et Lazare. Jacques, dans son épître, parle même des riches comme des oppresseurs.

Dieu est bon et il veut le meilleur pour ses enfants, c’est vrai. Mais le meilleur pour ses enfants, ce n’est pas les combler de richesses. C’est leur apprendre à vivre une vie attachée à Lui, tous les jours.

4.      Le don

Je voudrais finir ma prédication en parlant du don. Vous avez remarqué que nous avons fait passer l’offrande aujourd’hui pendant la louange. J’ai fait cela exprès pour que vous ne pensiez pas que je parle d’argent aujourd’hui pour faire monter la quête. Mon intention n’est pas là. Mais, je voudrais vous parler du don parce que le don est déjà, un commandement biblique, mais surtout, c’est une libération.

Jacques Ellul a dit : « L’acte de désacralisation de l’argent, c’est le don. C’est-à-dire l’acte inverse de celui que la nature de l’argent implique en soi : la vente ».

L’argent, comme nous disions au début, donne du pouvoir. C’est le pouvoir d’achat. Nous pouvons tout acheter avec de l’argent. Mais en opposition à cela, l’amour de Dieu est un don. Il ne fonctionne pas sur le même principe que l’argent, l’achat et la vente, il repose sur la gratuité. C’est à cause de cette opposition radicale que Jésus dit que nous ne pouvons pas suivre deux seigneurs. C’est soi Dieu, soit Mammon. Soit l’intérêt, soit le don.

Une bonne façon, donc, de se libérer de la fascination qu’exerce l’argent sur nous, c’est de le donner. Donner de l’argent, c’est « l’acte inverse de celui que la nature de l’argent implique en soi : la vente ».

Comment savoir la place que nous donnons à l’argent dans notre vie ? C’est facile à savoir. Il s’agit de voir avec quelle facilité nous sommes capables de le donner.

Le livre du Deutéronome nous appelle à apporter les prémices de nos gains à Dieu. Souvent, dans le pourcentage de 10%, un principe que l’on retrouve surtout dans l’ancien testament, et qu’on appelle la dîme. Le nouveau testament ne donne pas un pourcentage ou un chiffre exact, mais il nous appelle à donner avec cœur, générosité, et avec joie :

2Co_9:7  Que chacun donne comme il l'a résolu en son cœur, sans tristesse ni contrainte; car Dieu aime celui qui donne avec joie.

En tant que chrétiens, nous pensons que tout ce que nous avons-nous est donné par Dieu. Le principe du don, c’est de pouvoir se libérer de l’attachement qu’à en nous l’argent. Pouvoir placer notre sécurité en Dieu, plutôt que dans notre compte bancaire. Savoir partager ce qu’on a avec les autres. Contribuer à l’œuvre de Dieu d’une façon très pratique, parce que comme vous savez, l’église fonctionne uniquement sur la base des dons. Mais surtout, le plus important, c’est d’avoir dans cette vie nouvelle que Dieu nous donne, une liberté face à l’argent. Savoir l’administrer correctement, mais ne pas être dominé par lui.

Je voudrais finir par un verset qui se trouve dans le livre des Proverbes. Le sage s’adresse à Dieu en disant : « Ne me donne ni pauvreté, ni richesse ; accorde-moi le pain qui m’est nécessaire, de peur qu’étant rassasié, je ne te renie… ou que pauvre, je ne commette un vol et ne porte atteinte au nom de mon Dieu ».

Que nous puissions nous aussi mettre en pratique la sagesse des proverbes.