Dimanche 4 Mai : Le contenu de la foi, par David Perez

impossible

SERIE : « Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'on fait »

Cette phrase que j’ai choisie pour titre de mon article du mois de Mai m’a frappé il y a quelques années. « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ». Combien de fois des paroles défaitistes posées sur nous par certaines personnes (« c’est impossible, tu n’y arriveras jamais… ») ont l’effet d’un boulet attaché à notre cheville, que nous trainons péniblement derrière nous. Si c’est impossible de réussir, de changer, d’avancer… à quoi bon essayer ?

Mais dans ce cas, l’ignorance de l’impossibilité devient  le moteur de l’action entreprise et réussie. Qu’est-ce que je veux dire par là ? Tout simplement, que lorsqu’on croit que c’est possible, on a déjà des bonnes chances de réussir, alors que, quand on n’y croit pas, on est pratiquement sûrs d’échouer.

Ceci me fait réfléchir à notre propre foi en Dieu, et à cette insistance de Jésus pour qu’on croie. Jésus a bien sûr insisté sur le fait de s’aimer et de s’entraider mais, il a aussi insisté particulièrement sur le fait de croire. Je me suis dit que cela pourrait faire un bon sujet d’études pour nos prochaines prédications du mois de mai. La foi, qu’est-ce que la foi ? Aujourd’hui je voudrais explorer avec vous le thème du « contenu de la foi ». Qu’est-ce que la foi ? Qu’est-ce qu’on croit, et qu’est-ce qu’on ne croit pas !

La semaine prochaine, ce sera une pause dans cette série de prédications puisque nous aurons avec nous comme invité, Laurent Descos, pasteur stagiaire à Tours et futur pasteur de cette même église. Eh oui, des fois ça arrive qu’un stagiaire reste après comme pasteur d’une église =). Le semaine d’après, nous parlerons de la foi, dans le sens de cette parole de Jésus qui a dit : « si vous aviez de la foi comme un grain de moutarde, vous diriez à cette montagne: Transporte-toi d'ici là, et elle se transporterait; rien ne vous serait impossible. » La foi qui « produit » ? des miracles… nous étudierons ensemble cette question.

Et finalement, lors de la dernière prédication de la série nous réfléchirons ensemble à la foi qui sauve. Paul le rappelle constamment dans ses épîtres, notamment quand il écrit aux éphésiens : « Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. »

Voilà donc cette série de prédications pour le mois de mai, sur ce thème passionnant qu’est la foi.

Je voudrais donc aujourd’hui vous parlé du « Contenu de la foi ». En quoi est-ce qu’on croit, et on quoi est-ce qu’on ne croit pas. C’est important de connaitre avec précision le contenu de notre foi.

1.      Croire en qui et en quoi ? Croire en nous ou croire en Dieu ?

Pour moi, la première question qui se pose quand on parle de croire et d’avoir la foi c’est celle-ci. Croire, oui bien sûr, mais en qui et en quoi ? Il y a tellement de personnes dans tout le monde qui peuvent se définir comme croyants ou croyantes, mais ceci ne nous avance pas forcément beaucoup. Croire, c’est bien, mais il faut que notre foi ait un fondement, si non nous risquons de nous faire prendre au piège, en croyant a des choses qui ne méritent pas d’être crues.

Croire est un verbe qui doit forcément s’accompagner de son objet. C’est cet objet qui est cru ou pas cru, et c’est de cet objet que dépend que notre croyance soit intelligente ou pas.

Je vais donner un exemple. Je peux croire à toutes les histoires que je lis sur internet, ou que j’entends à la tele. Quand je fais cela, certes on pourrait dire que j’ai beaucoup de foi pour croire à ces choses, mais dans le fond, je serai plutôt quelqu’un de crédule, quelqu’un de pas très futé, je pense que vous êtes d’accord avec moi.

Donc croire, oui c’est bien, mais, il faut que le contenu de notre foi, je parle de contenu de la foi, ce à quoi on croit, soit solide. Il faut que le contenu de notre foi tienne la route, sinon, on risque d’être des gens crédules, pas très futés, comme je disais avant.

a.      Croire en quelque chose

J’ai souvent entendu des personnes dire : « oui, je suis croyant, je crois qu’on existe pour une raison, je crois en quelque chose, l’Univers, la Nature, en tous les dieux qui sont finalement les mêmes… ». Je pense que dire ça, c’est déjà un début, ça montre une ouverture d’esprit vers l’au-delà, mais le problème c’est qu’ici, le contenu de la foi est vraiment très vague. On croit, mais on ne sait pas vraiment ce à quoi on croit. Et je pense qu’un des chemins que nous avons à parcourir dans la vie, petit à petit, c’est justement d’apprendre à définir de mieux en mieux ce à quoi on croit, tout en sachant aussi reconnaitre nos limites.

C’est pour cela qu’étudier la Bible, l’archéologie, aussi la science… est quelque chose d’important. Ça nous permet de construire un système de valeurs qui soit vrai, solide et réfléchi. La foi chrétienne, c’est important de le souligner, a des arguments très solides, qui sont l’objet de débat et d’étude depuis plus de deux mille ans, non seulement par les chrétiens, mais aussi par les juifs. Non seulement par les croyants, mais aussi par les philosophes même les plus athées. La foi chrétienne a été, est et sera toujours contestée, mais elle a des arguments sérieux pour se défendre.

b.      Croire en soi et croire en Dieu

Et après, une des phrases qu’on entend souvent c’est : « je crois en moi ». Là, le contenu de notre foi est plus clair : c’est nous-mêmes. Avec nos qualités, notre formation, nos aptitudes... et aussi nos défauts, nos difficultés… Je pense que c’est bien de croire en soi. Des fois j’ai entendu le discours de certains chrétiens qui disent qu’il ne faut pas croire en soi, il faut croire uniquement en Dieu, mais je pense que cela est une erreur. Je pense que Dieu lui-même croit en nous, puisqu’il nous aime et il a tout donné pour s’approcher de nous, nous connaitre, et nous sauver. Donc c’est bien de croire en soi, d’une manière cohérente. Connaitre nos qualités et nos défauts, nos forces et nos faiblesses, et aussi connaitre nos propres limites. De cette façon, je pense qu’il est bien de croire en nous-mêmes.

Mais nous devons reconnaitre que croire en nous-mêmes a des limites. Bien sûr, parce que nous ne sommes pas parfaits, donc nous sommes faillibles. Nous ne sommes pas tout-puissants, donc nous ne pouvons pas contrôler tous les éléments autour de nous. Nous ne sommes pas omniscients, donc nous ne pouvons pas savoir la réalité dans toutes les situations.

Ma mère dit qu’elle a appris a faire confiance en Dieu quand elle a eu ses enfants. Nous sommes quatre frères et sœurs, et des fois, c’est impossible pour une mère de contrôler 24 heures sur 24 que ses enfants sont en sécurité. Elle priait donc Dieu en lui demandant de veiller à ses enfants, et elle apprenait à Lui faire confiance. En même temps, elle ne cessait pas de nous surveiller bien sûr =)

Voilà pourquoi, croire en Dieu a du sens. Dieu, contrairement à nous, est par définition infaillible, tout puissant et omniscient. Nous pouvons déposer notre confiance en Lui, et des fois, reconnaitre qu’il vaut mieux croire en Lui qu’en nous-mêmes.

Et aussi, Dieu, si vraiment il existe, doit être un Dieu concret, de la même façon que nous sommes des personnes concrètes, Dieu lui aussi est quelqu’un, comme toute personne, qu’on peut arriver à connaitre. La Bible nous permet de Le connaître, et donc notre foi a un contenu. Les premiers chrétiens ont développé une confession de foi, appelée le Credo des apôtres, que nous récitons de temps en temps. Ce Credo nous permet de résumer en quelques mots, ce à quoi on croit. Le contenu concret d’une foi que l’on peut vivre intelligemment et aussi sincèrement, de tout notre cœur.

Ce credo est affiché et nous allons le lire :

« Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre.
Et en Jésus Christ, son Fils unique, notre Seigneur ; qui a été conçu du Saint Esprit, est né de la Vierge Marie,
a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers ; le troisième jour est ressuscité des morts,
est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d'où il viendra juger les vivants et les morts.
Je crois en l'Esprit Saint, à la sainte Église catholique/universelle, à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. 
Amen »

Voilà, en quelques mots, le contenu de notre foi. C’est assez résumé et assez simple, mais si quelqu’un nous pose la question : « et toi, en quoi tu crois ? » nous pouvons lui répondre simplement et concrètement ». Ce n’est pas la même chose que répondre par un vague « Je crois en quelque chose ». Et c’est le fait de croire en Jésus, croire en un Dieu concret, ce qui nous donne la possibilité de nous rencontrer régulièrement, apprendre, grandir, et découvrir Dieu dans notre vie. Sinon, nous serions comme une barque à la dérive, qui se laisse porter au gré des vagues et du vent. Maintenant, avec Jésus, nous avons un chemin, nous avons des voiles et une barre, un volant, qui nous permet de nous diriger dans la vie.

2.      Croire de nouveau

Je voudrais finir ma prédication d’aujourd’hui par un dernier point que j’ai intitulé : « croire de nouveau ».

Peut-être certains d’entre vous connaissez l’histoire de Thomas, celui qu’on a appelé de ce nom assez moche : l’incrédule. Thomas est le seul des disciples qui a refusé de croire que Jésus était ressuscité, s’il ne le voyait pas avec ses propres yeux. Souvent, quand on fait référence à ce texte, on parle de la relation entre la science et la foi. On imagine Thomas avec un esprit très carthésien disant, « la résurrection est techniquement impossible, si je ne le vois pas avec les propres yeux, je n’y croirais pas ».

Mais je pense que quand nous comprenons ce passage de cette manière, nous sommes complètement à côté de la plaque. Thomas a suivi Jésus pendant deux ans, il sait que Dieu est capable de faire des miracles. Il a vu Jésus ressusciter des morts. Je ne pense pas que le problème de Thomas soit un problème intellectuel, mais un problème de cœur.

Thomas a souffert une déception terrible dans sa vie. Il a vu Jésus Christ, son ami, celui en qui il avait déposé toute sa confiance, mourir sur une croix. Il avait assumer à 100% que c’était la fin d’une belle histoire, que les choses ne pouvaient plus changer. Cela avait sûrement été quelque chose de très douloureux pour lui.

Mais maintenant, on lui demandait de croire de nouveau. Il était en train de faire son deuil, et tout à coup, on lui demande de récupérer l’espoir… et si finalement ce n’est pas vrai ? Faudrait-il vivre l’expérience de la perte une deuxième fois ? Le problème de Thomas était vraiment un problème du cœur. Et n’est-ce pas pour nous aussi ce qui nous empêche souvent de croire ? Nous ne sommes pas aussi cartésiens que nous aimerions. Ce qui nous retiens de croire, très souvent, c’est la peur de la déception.

Et là aussi entre en jeu le contenu de la foi. Je ne dis pas qu’il faut croire à nouveau, malgré toute espérance, en quelque chose qui peut-être n’arrivera jamais. C’est un thème trop délicat pour faire des généralités depuis une estrade. Mais l’espérance dans le salut que Jésus Christ peut m’apporter dès aujourd’hui et maintenant, et pour l’éternité, celle-ci est une espérance inébranlable. La promesse que Jésus est avec nous jusqu’à la fin du monde est vrai, si nous décidons de l’accepter, de l’embrasser avec tout notre être.

Je voudrais terminer par ce verset de Paul qui dit, dans romains 5 : 5 :

« l'espérance ne trompe point, parce que l'amour de Dieu est répandu dans nos coeurs par le Saint Esprit qui nous a été donné. »

Cette espérance que nous avons, cette foi en Dieu, ne trompe point.

AMEN