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SERIE AOÛT 2013 : LA VIE NOUVELLE

Support de référence pour cette série : Antoine NOUIS, Un catéchisme protestant

La liberté face à l’argent, dimanche 25 août 2013

Introduction

Nous arrivons à la dernière prédication de cette série du mois d’août que nous avons intitulé « La vie nouvelle ». Déjà, la semaine dernière nous avons parlé d’un sujet important mais délicat : la sexualité. Aujourd’hui, je voudrais vous parler d’un autre sujet important et également délicat, même si dans un autre ordre de choses : c’est l’argent. Mais avant de commencer, je voudrais revenir comme j’ai fait chaque dimanche, au titre de notre série de prédications : la vie nouvelle.

Effectivement, nous pouvons nous demander pourquoi nous aurions besoin d’une vie nouvelle. « Ma vie est très bien comme elle est ! ». D’autres au contraire, se disent peut-être : « j’aimerai tellement changer de vie, avoir une vie nouvelle, mais je suis bloqué dans cette situation et je ne vois vraiment pas comment ma vie pourrait changer ». Quelles sont les différentes « vies nouvelles » que nous pouvons obtenir, et quelle est la vie nouvelle d’après Jésus ?

Quand nous surfons sur internet, on nous propose souvent une vie nouvelle. « Faites click ici, et votre vie changera ». Il y a un temps, un jeu qui s’appelait « Second Life » a eu beaucoup de succès sur internet. Second Life en anglais, signifie « Deuxième Vie », et c’est vraiment ce que ce jeu offrait aux joueurs : une seconde vie virtuelle. On pouvait créer son propre personnage, avec le profil qu’on voulait (homme, femme, grand, joli, musclé…) et se balader dans les rues de la ville, aller prendre un café virtuel avec d’autres joueurs et comme ça faire des rencontres, parler… Voilà ce qui ressemble à une vie nouvelle !

Sans aller si loin dans la vie virtuelle, c’est vrai que sur internet on trouve tout. Il y a des annonces pour acheter en ligne et être directement livré chez vous, des nouveaux meubles pour donner à votre maison un nouveau style, plus joli et moderne. On peut aussi acheter des préparations alimentaires qui vont nous permettre de maigrir en très peu de temps. On peut acheter des vitamines en comprimés qui nous redonneront l’énergie qui nous manque. Des matelas de dernière génération qui nous permettront de mieux dormir la nuit… Il y a même des sites de rencontres pour trouver le ou la partenaire que nous attendons tellement. Internet est un outil qui nous permet, peut-être, de changer notre vie.

Et bon, je ne dis pas qu’internet est mauvais, loin de là. Il faut savoir l’utiliser, mais évidemment, c’est utile. Mais quand Jésus a parlé à Nicodème en lui disant qu’il pouvait « naître de nouveau », il ne faisait référence ni à une vie virtuelle sur internet, ni à refaire le salon de sa maison, et même pas à trouver un partenaire pour la vie, une femme ou un mari. L’expression utilisée par Jésus est bien plus radicale que cela. Vous vous imaginez ? Naître de nouveau. C’est carrément tout recommencer. Je ne sais pas combien seraient disposés à naître de nouveau et à recommencer leur vie de 0. Moi j’aurais du mal. Naitre de nouveau, c’est difficile.

Mais, allez, concrètement, que signifie « naitre de nouveau » pour Jésus ? Je pense qu’il s’agit de faire naître en nous une nouvelle vie, une vie spirituelle. Il s’agit en premier lieu de croire en Dieu, croire qu’il existe, et de cette façon, nous pouvons parler avec Lui. On ne parle pas à ce qui n’existe pas, ou alors, on souffre d’hallucinations. Mais si on croit que Dieu existe, et on veut s’approcher de Lui pour le connaitre, alors nous voyons naitre en nous une vie intérieure avec Jésus. Nous pouvons le prier, lui expliquer comment nous allons, quelles sont nos frustrations, quels sont nos désirs. Nous pouvons lui demander de nous aider dans certains passages difficiles de notre vie, ou simplement parce que nous avons besoin de soutien à un certain moment. Nous commençons ainsi une relation avec Dieu. Voilà ce qu’est cette nouvelle naissance. Ce n’est pas une nouvelle vie « virtuelle », mais une nouvelle vie « spirituelle ».

Au début, ça ne change pas forcément notre vie quotidienne. Nous continuons à travailler ou étudier, ou autre… comme d’habitude. Nous devons aller faire les courses, chercher les enfants si nous en avons, faire la vaisselle… et nous sortons nous détendre au cinéma de temps en temps. Mais petit à petit, cette vie intérieure avec Dieu nous transforme. Elle transforme notre vie et notre être, parce que nous n’avons plus les mêmes valeurs.

Nous n’avons plus besoin de nous battre pour essayer de donner un sens à notre vie. Le sens de notre vie nous est donné.

Nous n’avons plus besoin d’essayer de justifier qui nous sommes ou ce que nous faisons, nous sommes justifiés par Dieu.

Nous n’avons pas besoin de courir derrière la gloire, les richesses ou la vaine gloire pour montrer notre importance. Nous sommes aimés par Dieu.

L’apôtre Paul dit dans l’épître aux romains que nos pensées et notre intelligence sont renouvelées, « afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait ».

A partir de ce moment, nos pensées et nos désirs se déplacent du centre vers l’extérieur, dans un mouvement centrifuge. Nous nous éloignons nous-mêmes du centre de nos vies, et nous permettons à Jésus de se placer au centre. Nous cédons notre place à Dieu. Je voudrais illustrer cela très simplement. Voilà, ça c’est nous. Nous sommes assis sur le trône de notre cœur, et nous vivons une vie qui essaye de combler tous les désirs que nous avons. Mais maintenant, Jésus nous demande de prendre cette place. Ce n’est pas qu’il veut nous dominer, mais il veut nous montrer qu’une vie centrée sur son prochain et meilleure qu’une vie centrée sur soi-même. Pour cela, il doit nous déplacer du centre de notre vie, et tomber aux pieds de Jésus.

Donc, notre vie a changé, non pas d’une manière extérieure, comme on a vu que cela pouvait se trouver sur internet, mais d’une manière intérieure. C’est ce que le prophète Ezéchiel avait déjà annoncé quand il a dit :

Ezé 36:26  Je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau; j'ôterai de votre corps le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair.

Et comment obtenir cette vie nouvelle ? La Bible nous dit qu’en premier lieu, comme nous l’avons déjà vu, il faut croire. Croire qu’il existe est le premier pas pour commencer à connaitre Dieu. Sans ça, ce n’est pas possible. Mais deuxièmement, il ne suffit pas de croire. Jacques nous dit que les démons eux aussi croient en Dieu, et ils tremblent ! Nous devons donc aussi lui permettre de venir se placer au centre de notre vie. Cela se fait en reconnaissant que nous avons besoin de Lui, parce que nous sommes pécheurs. Il faut juste reconnaitre cela, demander pardon, et donner cette place à Dieu. C’est quand même une décision compliquée. Mais Dieu ne vient pas prendre cette place centrale pour vous enlever quelque chose, il vient pour vous donner, pour vous accompagner, pour vous aider. Nous pouvons avoir entièrement confiance en Lui, sachant qu’il est un Dieu d’amour, et que Lui déjà, il a donné tout ce qu’il avait pour nous : la vie de son Fils, Jésus Christ. Jean nous rappelle au chapitre 3 de son évangile que c’est parce que Dieu a aimé le monde, donc chacun de nous, qu’il a donné son Fils. Voilà un argument dur comme de l’acier, qui nous permet de savoir que Dieu nous aime.

Et maintenant je voudrais avancer, et revenir au thème d’aujourd’hui, qui parle de la liberté face à l’argent. Nous pouvons obtenir une nouvelle vie avec Dieu, mais cela ne veut pas dire que d’un coup nous sommes parfaits. Loin de là. Nous avons aussi besoin de faire un apprentissage, jour après jour, pour être des personnes meilleures. C’est pour ça que dans les dernières semaines nous avons parlé concrètement, de la liberté dans nos pensées. Nous avions dit qu’il y a une véritable bataille qui se livre dans notre tête, entre les bonnes et les mauvaises pensées. Tout commence par là. Donc, nous avions vu que quand les mauvaises pensées nous viennent à la tête, nous devions les emmener « prisonnières à Jésus Christ », comme l’avait dit l’apôtre Paul aux chrétiens de la ville de Corinthe, en Grèce.

Après, nous avions vu la liberté face au pouvoir. Cette tendance naturelle des hommes à rechercher le pouvoir, à se faire voir et à vouloir être premiers. Nous avions vu comment Jésus a renversé complètement cette mauvaise direction, en disant à ses disciples : Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. Nous avions vu que dans le Royaume de Dieu, contrairement à celui des hommes, les humbles sont rois, et que les premiers seront les derniers et vice-versa.

Finalement, la semaine dernière nous avons parlé de la liberté face à la sexualité. Nous avions dit que la sexualité est bonne, créée par Dieu, et que la Bible le dit à plusieurs reprises. Mais, en même temps, la sexualité est puissante. Billy Graham a dit : « Dans les mains de Dieu, la sexualité est le plus beau cadeau du monde. Mais dans les mains du diable, la sexualité peut être la chose la plus atroce au monde ». C’est pour cela que Dieu a instauré le cadre du mariage. Pour nous protéger  et permettre au couple de s’épanouir dans sa sexualité, en toute confiance et liberté.

 Nous avions donc dit que la vraie liberté sexuelle, ce n’est pas la vie libertine qu’on nous vend souvent à la télé. Cette vie libertine en réalité nous rend esclaves de la sexualité et nous domine. La vraie liberté face à la sexualité, c’est quand nous savons la dominer et la guider dans ce qui est bien, de la même façon que, quand un cavalier sait dominer son cheval, il est libre d’aller où il veut. Si c’est le cheval qui domine le cavalier, celui-ci n’est plus libre.

Après cette longue introduction, je voudrais enfin entrer dans le thème qui nous occupe aujourd’hui : la liberté face à l’argent.

Dans le nouveau testament, Jésus donne un nom à l’argent : Mammon. Quand on donne un nom à quelque chose, on le personnifie. Nous pouvons trouver un chat quelconque dans la rue, mais notre chat à nous est différent parce qu’il a un nom, il fait partie de notre famille. Jésus dit que le nom de l’argent c’est Mammon, mais dans ce cas, ce nom désigne un adversaire. « Vous ne pouvez pas servir Dieu et Mammon » dit-il dans le sermon sur la montagne.  

Donc, Jésus est en train de placer l’argent, qu’il appelle Mammon, comme un adversaire direct de Dieu. On dirait dans ce passage qu’il les met presque au même niveau. Mammon, c’est le Dieu Argent. Et nous ne pouvons pas servir les deux. C’est soit un, soit l’autre.

Pourquoi ces paroles de Jésus ? Est-ce qu’avoir de l’argent dans son portefeuille ou à la banque est quelque chose de mauvais ? Est-ce que Jésus veut que nous arrêtions d’utiliser l’argent et que nous revenions à une économie de troc ? Je ne pense pas qu’il s’agisse de ça.

Le problème de l’argent, de Mammon, c’est qu’il exerce une fascination chez l’humain. Les hommes ont tendance à sacraliser l’argent. L’argent est une sorte de toute-puissance, car grâce à lui, nous pouvons obtenir tout ce que nous voulons. Hélas, nous le savons, tout s’achète. Tout dans ce monde a un prix, et je ne vais pas aller plus loin de ce côté.

L’argent peut aller jusqu’à changer notre personnalité et même nous transformer. Pour de l’argent, on a vu des personnes abandonner ce qui était le plus important pour eux, et adopter des comportements contraires à toutes leurs valeurs.

Donc, l’argent, qui en principe à l’air d’être quelque chose de banal, présente aussi des dangers que nous devons connaître. Apprendre à donner à l’argent la place qui lui correspond va nous permettre de vivre une vie nouvelle et libre.  

1.      L’argent comme une sécurité.

La plupart des personnes vont dire que l’argent, pour eux, c’est une sécurité. C’est vrai qu’avoir un peu d’argent à la banque c’est pratique lorsque nous avons un imprévu. Ça nous permet d’être sûrs que quoiqu’il arrive, au moins, nous pourrons continuer à payer notre loyer et à donner à manger à nos enfants. Mais à nouveau, nous trouvons une rivalité entre Dieu et Mammon. A qui faisons-nous confiance ? A Dieu ou à notre compte bancaire ? Ou se trouve notre sécurité ?

La parabole du riche déraisonnable est une bonne illustration de cela.

Un homme riche a des terres qui lui rapportent de bonnes récoltes. Il accumule, construit des greniers, et se dit à lui-même « Mon âme a beaucoup de biens en réserve. Repose-toi, mange, bois, et fais la fête ». Mais Dieu lui répond qu’il va mourir. A quoi lui ont servi toutes ses richesses ? A rien. Même si cette personne a beaucoup d’argent, elle ne pourra jamais contrôler tout ce qui passe. L’argent donne une fausse impression de toute puissance. C’est donc plus sûr de faire confiance à Dieu qu’à l’argent, parce que nous savons que Dieu, Lui, est vraiment tout-puissant.

Dans la pratique, faire confiance à Dieu ne veut pas dire arrêter de travailler et attendre que l’argent nous tombe du Ciel. Non. Mais ça veut signifie d’être capables de nous détacher de l’argent, de ne pas nous sentir dépendants de lui. De cette façon, nous pouvons en profiter et être heureux avec ce qu’on a. Dans la vie, il y a des hauts et des bas. Probablement, vous le savez déjà, et sinon, je vous le dis. Il y a des fois où les choses vont bien, on a tout ce qu’il faut, mais la situation peut vite tourner. En tant qu’espagnol, j’ai vu ça de très près les dernières années à Barcelone. Donc, nous devons savoir trouver notre sécurité en Dieu. C’est très important.

Jésus continue dans le sermon sur la montagne, Matthieu 6, les versets suivant à celui qu’on a lu sur Mammon :

Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement?

Mat 6:26  Regardez les oiseaux du ciel: ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n'amassent rien dans des greniers; et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux?

Jésus, dans le sermon sur la Montagne, nous dit de ne pas nous inquiéter et de faire confiance à Dieu. C’est un passage à méditer longuement, chacun pour soi-même. Qu’est-ce que ça veut dire faire confiance à Dieu aussi dans l’argent ?

2.      L’argent comme une barrière qui nous sépare des autres

Dans cette parabole que nous avons vue, il y a un autre élément que je voudrais relever. Cette personne qui a tellement d’argent, se dit à soi-même, « mon âme, tu as beaucoup de biens en réserve. Repose-toi, mange, bois et fait la fête ». C’est curieux que cette personne se dise cela à soi-même. Il pourrait en parler à sa femme, ou à un ami. Apparemment, même s’il est économiquement riche, en ce qui est des relations, il ne l’est pas autant. Son seul interlocuteur est son âme.

L’argent peut isoler. Il peut être un motif de dispute entre frères, lors d’un héritage par exemple. Il peut facilement séparer les personnes. La richesse peut isoler, Attention ! Notre société qui n’a jamais été aussi riche, n’a jamais été aussi désespérée. La consommation d’anxiolytiques en est le signe. Donc, l’argent n’est pas là pour qu’on le garde précieusement sous notre matelas. Il est là pour être partagé avec d’autres.

Laissez-moi vous raconter une petite histoire pour illustrer cela :

« Un homme qui avait trouvé par hasard une bouteille dans le désert, libéra, sans le savoir, un génie. Celui-ci lui proposa, pour le remercier, d’exaucer tous ses vœux.

L’homme demande de vivre dans un château magnifique et d’être le seigneur d’un grand Royaume, de pouvoir s’enivrer des vins les meilleurs et se rassasier des mets les plus raffinés.

Le génie lui demande s’il ne veut rien d’autre, car lorsque ses vœux seront exaucés, il ne pourra pas revenir en arrière. L’homme demande aussi de beaux vêtements et un lit en or, les décorations les plus recherchées et les parfums les plus rares.

Le génie insiste une dernière fois et l’homme pense avoir trouvé la garantie du bonheur lorsqu’il demande de ne jamais vieillir, d’être toujours en bonne santé et que les biens qu’il désire se renouvellent éternellement.

Avec un profond soupir, le génie accomplit les vœux de son libérateur qui reçoit tout ce qu’il avait demandé… Mais quand il entre dans son château, il s’aperçoit avec effroi que ce dernier est désert. Il avait simplement oublié de demander des prochains pour partager ses bénédictions.

Jusqu’à la fin des temps notre homme est comblé de richesses et condamné à la solitude. Et l’éternité… c’est long ! »

3.      L’argent comme une bénédiction de Dieu

Je voudrais maintenant voir avec vous une question sur l’argent qui a été controversé dans les dernières années dans les églises. Il s’agit de ce qu’on a appelé « la théologie de la prospérité », un mouvement qui est né surtout dans les églises d’Amérique Latine. Cette « théologie » est contraire à la vérité biblique, et je vais vous expliquer pourquoi.

 La théologie de la prospérité part de la base que Dieu aime tellement ses enfants, qu’il veut toujours le meilleur pour eux. Jusque là, on est d’accord. Donc, le meilleur, c’est forcément avoir une bonne situation, de l’argent et des moyens. Si nous sommes obéissants et nous aimons Dieu, il va nous combler de biens, comme il l’a fait avec David et Salomon dans l’Ancien Testament. Pour eux, il y a une relation directe entre bon comportement chrétien, et bénédiction, qui est égal à richesse.

Le problème est alors que, si nous sommes pauvres, c’est qu’il y a quelque chose que nous sommes en train de mal faire. Nous n’avons pas suffisamment de foi. Notre amour envers Dieu n’est pas assez profond. Nous ne faisons pas suffisamment de bonnes actions. On voit vite où est le problème. Les riches deviennent des « élus de Dieu », qu’il faut respecter comme s’ils étaient les rois David ou Salomon. Les pauvres sont, en plus des mauvais chrétiens.

Analysons cela. Il est vrai que la Bible dit que Dieu bénit spécialement ses enfants. Dans ce sens, nous prions souvent pour que telle ou telle personne puisse trouver du travail, puisse sortir de sa difficile situation économique… Et Dieu répond parfois à ces prières. Mais, en premier lieu, les bénédictions ne sont pas uniquement économiques, et deuxièmement, nous ne pouvons pas du tout en faire une norme. Le cas de Job est le plus évident. Son ami Eliphaz lui dit que le malheur qui lui arrive est survenu à cause de ses péchés. Mais la fin du livre de Job nous apprend qu’il ne s’agit en aucun cas d’une punition pour quelque chose qu’il aurait fait. Tout simplement, nous ne pouvons pas comprendre toutes les actions de Dieu, il est trop grand et trop élevé au-dessus de nous pour pouvoir discuter avec lui. Le livre de Job ne donne pas une réponse à la question : pourquoi la souffrance ? Mais il nous dit que nous devons honorer Dieu.

Donc, y-a-t-il de lien direct entre prospérité économique et obéissance à Dieu ? Non. David dans les psaumes se plaint à Dieu que les méchants prospèrent alors que lui est dans la souffrance. Les livres de sagesse nous rappellent que la richesse est éphémère. Il y a la parabole de Jésus sur le riche et Lazare. Jacques, dans son épître, parle même des riches comme des oppresseurs.

Dieu est bon et il veut le meilleur pour ses enfants, c’est vrai. Mais le meilleur pour ses enfants, ce n’est pas les combler de richesses. C’est leur apprendre à vivre une vie attachée à Lui, tous les jours.

4.      Le don

Je voudrais finir ma prédication en parlant du don. Vous avez remarqué que nous avons fait passer l’offrande aujourd’hui pendant la louange. J’ai fait cela exprès pour que vous ne pensiez pas que je parle d’argent aujourd’hui pour faire monter la quête. Mon intention n’est pas là. Mais, je voudrais vous parler du don parce que le don est déjà, un commandement biblique, mais surtout, c’est une libération.

Jacques Ellul a dit : « L’acte de désacralisation de l’argent, c’est le don. C’est-à-dire l’acte inverse de celui que la nature de l’argent implique en soi : la vente ».

L’argent, comme nous disions au début, donne du pouvoir. C’est le pouvoir d’achat. Nous pouvons tout acheter avec de l’argent. Mais en opposition à cela, l’amour de Dieu est un don. Il ne fonctionne pas sur le même principe que l’argent, l’achat et la vente, il repose sur la gratuité. C’est à cause de cette opposition radicale que Jésus dit que nous ne pouvons pas suivre deux seigneurs. C’est soi Dieu, soit Mammon. Soit l’intérêt, soit le don.

Une bonne façon, donc, de se libérer de la fascination qu’exerce l’argent sur nous, c’est de le donner. Donner de l’argent, c’est « l’acte inverse de celui que la nature de l’argent implique en soi : la vente ».

Comment savoir la place que nous donnons à l’argent dans notre vie ? C’est facile à savoir. Il s’agit de voir avec quelle facilité nous sommes capables de le donner.

Le livre du Deutéronome nous appelle à apporter les prémices de nos gains à Dieu. Souvent, dans le pourcentage de 10%, un principe que l’on retrouve surtout dans l’ancien testament, et qu’on appelle la dîme. Le nouveau testament ne donne pas un pourcentage ou un chiffre exact, mais il nous appelle à donner avec cœur, générosité, et avec joie :

2Co_9:7  Que chacun donne comme il l'a résolu en son cœur, sans tristesse ni contrainte; car Dieu aime celui qui donne avec joie.

En tant que chrétiens, nous pensons que tout ce que nous avons-nous est donné par Dieu. Le principe du don, c’est de pouvoir se libérer de l’attachement qu’à en nous l’argent. Pouvoir placer notre sécurité en Dieu, plutôt que dans notre compte bancaire. Savoir partager ce qu’on a avec les autres. Contribuer à l’œuvre de Dieu d’une façon très pratique, parce que comme vous savez, l’église fonctionne uniquement sur la base des dons. Mais surtout, le plus important, c’est d’avoir dans cette vie nouvelle que Dieu nous donne, une liberté face à l’argent. Savoir l’administrer correctement, mais ne pas être dominé par lui.

Je voudrais finir par un verset qui se trouve dans le livre des Proverbes. Le sage s’adresse à Dieu en disant : « Ne me donne ni pauvreté, ni richesse ; accorde-moi le pain qui m’est nécessaire, de peur qu’étant rassasié, je ne te renie… ou que pauvre, je ne commette un vol et ne porte atteinte au nom de mon Dieu ».

Que nous puissions nous aussi mettre en pratique la sagesse des proverbes.

La liberté face à la sexualité, dimanche 18 août 2013

 Introduction

         Aujourd’hui nous allons continuer notre série du mois d’août intitulée « La vie nouvelle » pour parler d’un sujet bien particulier : la liberté face à la sexualité. La sexualité est une partie importante de la vie des hommes et des femmes, et la Bible en parle ouvertement. Je veux tout de suite commencer par dire que la sexualité est bonne aux yeux de Dieu, c’est lui-même qui l’a créée pour que nous en profitions au maximum. Mais, connaissant les risques et les dérives que peut avoir la sexualité incontrôlée, Dieu y a établit un cadre : le mariage.

         Mais avant de continuer, je voudrais revenir en arrière et parler de notre série du mois d’août intitulée « la vie nouvelle ». La vie nouvelle, qu’est ce que la vie nouvelle ? Pourquoi avons-nous besoin d’une vie nouvelle ? Souvent on voit des annonces à la télé qui nous disent d’acheter tel ou tel produit, qui littéralement, changera notre vie. Dans le temps, c’était la machine à laver, le four micro-ondes ou la voiture. Et c’est vrai que cela a changé la façon de vivre de nos parents et grands-parents. Et aujourd’hui c’est pareil : les smartphones, les nouveaux robots aspirateurs qui vont tous seuls -ma sœur en a un et c’est vrai que c’est très pratique- ou encore, la télé par internet, où on peut choisir directement le film qu’on veut voir. Toutes ces choses, il est vrai, changent notre vie, la font peut-être plus simple, meilleure en quelque sorte. Mais ce n’est pas dans ce sens que la Bible parle de vie nouvelle.

         D’autres choses qui peuvent changer notre vie. La semaine dernière, pour ceux qui étaient là, on avait parlé d’autres façons de trouver une nouvelle vie : en améliorant notre forme physique par de l’exercice et du régime par exemple. Être en meilleure santé peut changer notre vie. Ou encore, on avait parlé de gagner au loto. Alors là il s’agit d’un changement de vie radical : ceux qui on la chance peu commune de gagner au loto peuvent vraiment démarrer une nouvelle vie : arrêter de travailler, s’acheter une nouvelle maison, une plus grosse voiture… Même si l’expérience montre que ces personnes ne sont pas toujours plus heureuses qu’avant, des fois elles le sont même moins. Voilà différentes façons de changer de vie, de théoriquement améliorer notre vie.

         Mais lorsque Jésus a disait à ses disciples, et en particulier à Nicodème, qu’une nouvelle vie était possible, il ne parlait ni du progrès technologique, ni de l’amélioration de notre forme physique, ni même de l’argent. Jésus proposait à Nicodème, et nous propose à chacun de nous encore aujourd’hui, quelque chose de bien plus nouveau, profond et intense : il nous propose d’avoir une nouvelle vie spirituelle. D’avoir une vie intérieure avec Jésus Christ.

         Peut-être il y a des personnes qui ont déjà une vie spirituelle, mais qui n’est pas tournée vers le vrai Dieu. Dieu veut vous faire découvrir une nouvelle vie spirituelle avec lui. Et pour d’autres, peut-être que vous n’avez jamais soupçonné qu’il était possible d’avoir une vie spirituelle. Alors, vous pouvez découvrir ce que c’est que d’avoir une vie intérieure avec Jésus.

         En utilisant les propres paroles de Jésus, nous devons « naître de nouveau ». Comment faire cela ? La Bible nous dit qu’il suffit tout simplement de reconnaitre que nous avons besoin de Dieu parce que nous sommes pécheurs, et accepter son pardon. Attention, ça a l’air facile, mais ce n’est pas si facile. Accepter que nous avons besoin de Dieu c’est reconnaitre que nous ne sommes pas aussi intelligents que nous le croyons. Pas aussi bien, pas aussi capables, pas aussi parfaits. C’est parfois difficile d’accepter qu’on a besoin de l’aide d’un autre, c’est aussi un peu une question d’orgueil. Mais lorsque nous acceptons de recevoir l’aide de Dieu dans notre vie, nous vivons une vraie transformation de tout notre être :

Nous n’avons plus besoin de nous battre pour donner un sens à notre vie. Le sens de notre vie nous est donné.

Nous n’avons plus besoin de nous épuiser à justifier notre vie sur terre. Nous sommes justifiés par Dieu.

Nous n’avons plus besoin de courir derrière la réussite, la fortune ou la vaine gloire pour montrer notre importance. Nous sommes aimés par Dieu.

Nous découvrons une vie nouvelle, une vie spirituelle, une vie intérieure et personnelle avec Jésus.

Mais, même quand nous découvrons Dieu dans notre vie, toutes les choses ne deviennent pas faciles d’un coup. Nous avons aussi besoin d’apprendre à vivre chaque jour notre chemin avec Dieu. C’est en partie pour ça que nous avons la Bible, qui est décrite dans les psaumes comme « une lampe à mes pieds », une lampe qui éclaire mon chemin. (Psaume 119 :105)

         Et donc, dans cette série de prédications du mois d’août j’essaye de voir avec vous quelques principes qui vont nous aider, je l’espère, à marcher et à éclairer notre chemin. C’est pour ça que le premier dimanche d’août nous avons parlé de la conversion de notre pensée. Nous disions que parfois notre tête peut être un véritable champ de bataille, avec des bonnes et des mauvaises pensées qui s’affrontent constamment. Nous avions parlé de l’importance de savoir repérer ces pensées, et de les amener « captives à Jésus Christ » comme dit Paul dans sa deuxième épitre aux corinthiens chapitre 10. Cette puissante image nous parle de déposer devant Dieu nos mauvaises pensées, pour ne pas laisser qu’elles tournent dans nos têtes trop longtemps.

         Dimanche dernier, nous avions parlé de la liberté face au pouvoir. Nous avions vu que, depuis Adam et Eve, les hommes sont tentés par le pouvoir. De la même façon que le serpent leur à chuchoté à l’oreille qu’ils pourraient devenir des dieux s’ils mangeaient du fruit de l’arbre, nous sommes nous aussi parfois tentés d’entrer dans des luttes de pouvoir, de reconnaissance, de contrôle, de vouloir être entendus par-dessus des autres, de vouloir être les premiers. Et nous avions vu comment Jésus a renversé radicalement tout cela quand il a dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous »

         Nous avions aussi vu que pour déposer notre soif de pouvoir, nous devons être des personnes bien construites intérieurement. Pour cela, nous pouvons demander de l’aide à Dieu. Et finalement, nous avions dit aussi qu’être dans un poste de responsabilité est quelque chose de bon. Des fois, il faut oser prendre des responsabilités. Mais, nous ne devons pas chercher une responsabilité pour le pouvoir ou l’image que celle-ci nous donne, sinon uniquement pour servir Dieu et aider les autres.

         Voilà un peu le résumé très bref des prédications des deux derniers dimanche. Si vous voulez les écouter d’ailleurs, elles sont disponibles sur le site internet de l’église : www.epb79.fr

         Mais voilà, après cette longue introduction je voudrais entrer dans le thème d’aujourd’hui qui s’intitule : la liberté face à la sexualité. Pour pouvoir vivre cette vie nouvelle avec Christ, une des clés est de savoir dominer notre sexualité, au lieu de nous laisser dominer par elle. C’est pour cela que je veux parler de la liberté face à la sexualité.

En premier lieu : 

1. la sexualité est crée par Dieu, elle est donc bonne.

 

La Bible a un point de vue très positif par rapport à la sexualité. Elle est déjà évoquée au tout début de la Genèse, au chapitre 3 : « C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair ». L’amour sexuel ici demande premièrement de quitter son père et sa mère, donc, d’arriver au stade adulte et indépendant, pour s’attacher alors à sa femme, ou son homme, et devenir une seule chair. « Devenir une seule chair » n’est pas un acte isolé qui a lieu de façon spontanée, guidée uniquement par le désir. C’est plutôt l’étape ultime d’un processus de maturité de l’homme et de la femme, qui ne sont plus des enfants, mais des personnes adultes, et qui d’un commun accord décident de préparer un avenir ensemble, dans le cadre du mariage. Donc, quand ils « deviennent une seule chair », c’est l’étape finale, le joyau de la couronne, la culmination du couple.

Devenir une seule chair est aussi quelque chose de spirituel. Dans le judaïsme, la nuit du sabbat, nuit sainte par excellence, l’homme doit s’approcher de son épouse, sauf impossibilité rituelle. Il accomplit ainsi le commandement de l’amour qui se réalise dans l’union corporelle et spirituelle des conjoints. Comme le dit le rabbin Emmanuel Chouchena : Quand l’homme s’unit à sa femme dans l’esprit de sainteté, ils rencontrent Dieu.

La Bible dédie un livre entier à l’amour sexuel. C’est le livre des Cantiques des Cantiques, qu’on pourrait même oser qualifier d’érotique. On voit donc que la Bible a un point de vue très positif par rapport à la sexualité. Celle-ci est crée par Dieu et donc, bonne.

Deux aspects de la sexualité : la nudité et le don

La nudité. La nudité fait partie de la sexualité. Être nu devant l’autre, c’est être complètement soi-même devant l’autre. Une fois on atteint ce stade, il n’y en a plus d’autre après. Ça y est, nous nous sommes montrés nous-mêmes complètement à l’autre, et lui à nous. Il n’y a pas plus à découvrir, que ça. Tout y est.

Être nu, c’est donc être totalement vrai devant l’autre, sans tabous, sans masques, sans barrières. C’est aussi être fragile et donc vulnérable.

Dans le couple, nous devons vivre aussi cette nudité pas uniquement de façon physique mais aussi relationnelle. Sinon, nous sommes dans une asymétrie.

C’est une question de confiance. Si nous avons perdu la confiance dans notre conjoint, nous vivons une relation asymétrique. Même si nous pouvons avoir une nudité physique, il nous manque la nudité relationnelle, émotionnelle, intellectuelle, spirituelle… qui, selon la Bible, accompagne forcément dans une relation saine. Des fois, il se peut que nous perdions cette confiance dans notre conjoint. Peut-être que nous avons des secrets qui nous empêchent d’être « nus » devant lui ou elle. Jésus a dit « la vérité vous rendra libres ». Être vrai dans le couple, être nu, va permettre celui-ci d’avancer sûrement. C’est dans la mesure où l’homme et la femme sont vrais, fragiles et nus l’un devant l’autre que leur amour sera vrai, solide et rayonnant, et que leur sexualité sera épanouie.

Le don. Dans la première épître aux Corinthiens, lorsque Paul aborde les relations conjugales, il part du principe suivant : Ce n’est pas la femme qui a autorité sur son propre corps, c’est son mari. De même, ce n’est pas le mari qui a autorité sur son propre corps, c’est sa femme. Ce verset de l’apôtre Paul, qu’on pourrait mal interpréter, ne parle pas d’une appartenance du corps de sa femme ou de son mari pour son propre bénéfice. Au contraire, la conjugalité est définie comme le don de son corps à son conjoint. La perspective naturelle est inversée. La question n’est plus : qui est mon conjoint pour moi et quelles satisfactions m’apporte-t-il ? Mais : qui suis-je pour mon conjoint et qu’est-ce que je lui offre ? Au lieu de rechercher son propre intérêt, on recherche avant l’intérêt de l’autre.

Voilà plusieurs aspects de la sexualité que nous trouvons dans la Bible et qui nous permettent de comprendre que celle-ci est bonne. Nous ne devons donc pas nier notre sexualité, mais la connaitre. Mais, la sexualité présente bien des dangers. Nous ne devons pas nous laisser dominer par la sexualité. Nous devons être libres face à elle.

2. Les dangers de la sexualité.

Le danger de la sexualité, c’est qu’elle est très puissante. Être puissante n’est pas en soi quelque chose de bon ou de mauvais. C’est juste un fait, mais c’est dangereux.

CS Lewis prend cet exemple, même s’il ne parle pas ici de sexualité : une vache ne peut être ni très bonne ni très mauvaise. C’est une vache. Un homme quelconque peut-être bon ou mauvais, dans les limites de ses moyens. Un grand scientifique, quelqu’un de très intelligent, peut travailler à développer la bombe atomique, ou à trouver le remède pour le cancer.

En fonction de notre force, de notre pouvoir, nous pouvons être un peu bons ou un peu mauvais, ou très bons ou très mauvais. Et c’est ce qui se passe avec le sexe. Le sexe est un désir très fort chez les individus. Ce désir, parce qu’il est très fort, peut être très bon, ou très mauvais. Ça dépend de comment on l’utilise et du contexte.

Un journaliste a demandé une fois à Billy Graham, célèbre prédicateur, ce qu’il pensait du sexe. Sa réponse était : « dans les mains de Dieu, c’est le plus beau cadeau au monde qu’il soit. Dans les mains du diable, ça peut être la chose la plus atroce qu’il soit ».

Nous comprenons donc, que le désir sexuel domine une personne, cela peut être très pernicieux. C’est quelque chose que nous savons déjà. Il n’est pas nécessaire d’être chrétien pour l’observer. Quand nous voyons a la télé ou même dans notre entourage les abus sexuels qui sont commis, nous nous rendons compte du niveau de perversité qu’une personne peut atteindre à travers de la sexualité. Aussi, le commerce du sexe développé par les mafias a crée ce qui est considéré aujourd’hui l’esclavage du 21ème siècle : l’esclavage sexuel de la prostitution, du proxénétisme… Nous le savons. Donc, dans tous les cas, la sexualité n’est pas neutre. Elle peut être bonne ou mauvaise.

Comment le déterminer ? Dans certains cas que nous pouvons appeler abusifs et délictifs, c’est évident. Comme je disais, il n’est pas nécessaire d’être chrétien pour le voir. Je ne vais pas insister là-dessus. Mais il y a deux aspects de la sexualité qui peuvent paraître plus flous, et qui sont fortement d’actualité : la pornographie et le sexe en dehors du mariage, avec son copain, copine, concubin… Comment savoir si c’est bien ou c’est mal ?

 Il y a plusieurs façons de déterminer si quelque chose est bien ou mauvais. Aujourd’hui, il s’agit d’une question d’opinion publique. Ce que pense la majorité, c’est ça ce qui est bon ou pas bon. Le problème, vous le savez, c’est que l’opinion publique change, varie selon l’époque, est influencé par les médias, la pression sociale… Les chrétiens, nous trouvons ce qui est bon ou mauvais dans la Bible. C’est vrai, ça peut paraître archaïque, mais nous croyons que la source de cette vérité est Dieu. Et entre ce que pense Dieu, et ce que pense l’opinion publique, nous choisissons de croire à Dieu. En plus, ce que dit la Bible est solide. Ce ne sont pas des choses que nous croyons juste parce que nous  devons les croire. Ce sont des choses qui ont une explication et qui nous paraissent logiques.

 

1. La pornographie. Le mot grec porneia apparait dans la bible ! Nous le traduisons comme immoralité sexuelle, impudicité, ou encore des fois comme fornication. On voit à nouveau que la Bible est d’actualité encore aujourd’hui. L’apôtre Paul emploie ce mot porneia, par exemple dans Galates 5, quand il énumère les œuvres de la chair face aux œuvres de l’esprit. Aussi dans 1 Corinthiens 6 : 18 il dit : « Fuyez la porneia ». La Bible nous prévient donc contre la porneia, immoralité sexuelle, entre autres, la pornographie.

Et on arrive à une question : Pourquoi est-ce mauvais ?

Une philosophe appelée Michela Marzano a écrit un livre intitulé « la pornographie ou l’épuisement du désir ». Ce titre résume bien la conclusion de sa thèse. La pornographie épuise notre désir sexuel. Consommer de la pornographie n’est pas une ouverture vers la sexualité, ou une liberté, sinon un épuisement, une dépendance, et donc un esclavage. La sexualité conçue par Dieu pour les hommes et les femmes est tellement meilleure. La pornographie est une addiction qui nous détruit. De la même façon que le tabac peut détruire nos poumons, ou le jeu notre économie, la pornographie détruit notre sexualité. Elle va laisser des séquelles dans notre vie de couple, et provoquer un épuisement de notre désir sexuel, si nous le lui permettons. La liberté face au sexe implique que nous soyons libres et non pas esclaves de la pornographie.

Si nous sommes aujourd’hui sous l’emprise de la pornographie, ce n’est pas un thème tabou, non plus dans l’église. Je n’ai pas les chiffres, mais je sais que la consommation de pornographie est très élevée. Il faut savoir que c’est destructeur, mais aussi qu’on peut en parler sans jugements, avec les bonnes personnes aussi dans l’église.

2. Le sexe en dehors du cadre du mariage. Nous arrivons à la question peut-être la plus délicate. Dans la tradition juive et chrétienne, le mariage est le cadre pour les relations sexuelles. Mais notre société bien sûr, conteste cela : pourquoi toujours parler de mariage ? Aujourd’hui il y a beaucoup de types de sexualité différents, et il faudrait les accepter toutes.

Les traditions juive et chrétienne disent qu’il faut attendre le mariage pour avoir des relations sexuelles. Sinon, pourquoi est-ce que Marie et Joseph, étant fiancés, auraient attendu ? Si tous les deux ont attendu, c’est parce qu’ils voulaient suivre la volonté de Dieu et parce qu’ils savaient que c’était le commandement de Dieu d’attendre, et Dieu les a utilisé de la façon la plus incroyable qu’il soit : en envoyant Jésus.

Dans le nouveau testament, Paul conseille aux chrétiens de ne pas se marier pour pouvoir vivre une vie missionnaire comme la sienne. Mais, s’ils ne peuvent pas attendre, qu’ils se marient. « Il vaut mieux se marier que brûler ». En faisant ainsi, ils ne pêchent pas. Nous voyons qu’à chaque fois, il est question de mariage.

Mais, pourquoi le mariage ? Qu’est-ce qu’il nous apporte en plus que le pacs, ou le concubinage ?

Je pense que la relation physique dans le couple doit être parallèle et proportionnelle à l’engagement amoureux envers l’autre personne du couple. Et donc, le sumum de l’engagement physique est la relation sexuelle, alors que le sumum de l’engagement, c’est le mariage. Il n’y a pas de plus grand engagement envers l’autre que l’engagement public, devant notre famille et amis plus proches, et devant Dieu. Et il n’y a bien sûr pas d’engagement physique plus grand que coucher avec quelqu’un. Donc, les deux vont ensemble et sont indissociables, et c’est un processus naturel et graduel : l’engagement et la sexualité.

C’est sur qu’on peut y trouver plein d’inconvénients à cela, et aussi plein d’avantages. On pourrait en discuter longuement. Mais finalement, je pense qu’ici il s’agit vraiment d’un choix personnel. Être convaincu par la Bible que c’est ce qui est bien et le suivre. Comprendre le pourquoi. Et puis, obéir et faire confiance à Dieu.

3. Si je n’ai pas de vie sexuelle en ce moment, comment faire ?

Il y a une dernière question que je voudrais aborder avec vous, parce qu’il me semble qu’elle est importante. Comment faire si je n’ai pas de vie sexuelle en ce moment ? C’est une question difficile à répondre. C’est vrai que nos corps sont faits pour avoir le désir sexuel. Dieu nous a créés comme ça, et ce désir est bon. Mais, ce désir peut des fois nous amener à faire des bêtises que nous regrettons après.

Il faut savoir qu’il y a beaucoup de personnes qui même par choix, comme les prêtres, ou à cause des circonstances, n’ont pas de vie sexuelle active. Et bien, je pense que c’est difficile, mais ce n’est pas la fin du monde. Comme nous disions avant, il faut savoir si c’est nous qui dominons notre sexualité, ou si c’est elle qui nous domine.

La vie sexuelle active n’est qu’une étape dans la vie. Tout le monde passe par des moments « avec » et « sans ». Si en ce moment nous vivons « sans », et bien essayons de faire d’autres choses, car nous pouvons aussi avoir une vie épanouie, même sans avoir des relations sexuelles et même sans être mariés. C’est ce que nous dit l’apôtre Paul dans ce chapitre 7 de la première épître aux Corinthiens, dont nous avons parlé. Donc, essayons de rester maîtres de notre sexualité, et si nous le voulons, demandons à Dieu de nous donner une femme ou un mari, comme dit Paul.

Conclusion

On parle souvent de liberté sexuelle, il faut être libre sexuellement parlant, dans le sens libertin du terme. Mais en fait, cela n’est pas du tout une liberté sexuelle, car en fait on devient esclaves du sexe, nous ne le dominons plus, c’est lui qui nous domine.

La vraie liberté sexuelle, telle que la comprennent les chrétiens, c’est d’être libres face au pouvoir du sexe. C’est de savoir contrôler sa sexualité, au lieu de se laisser dominer par elle. Et si vous pouvez retenir simplement une chose de ce message aujourd’hui, c’est celle-ci. Est-ce que je domine ma sexualité, ou est-ce que c’est ma sexualité qui me domine ? Apprendre à dominer notre sexualité, sans pour autant la nier, va nous aider à vivre une vie nouvelle, libre, et en harmonie avec Dieu. 

La liberté face au pouvoir, dimanche 11 août 2013

Introduction

Pendant les dimanches du mois d’août, nous sommes en train de suivre une série de 4 prédications thématiques, qui vont porter sur LA VIE NOUVELLE offerte par Dieu à ceux qui croient et veulent vivre une vie attachée à Lui. Nous voyons cela à partir de 4 thèmes très concrets : la conversion de la pensée -que nous avons déjà vu la semaine dernière- la liberté face au pouvoir, la liberté face à la sexualité et enfin la liberté face à l’argent.

Mais premièrement, pourquoi une vie nouvelle ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Qu’est-ce qui doit changer dans ma vie ? Quelle est cette VIE NOUVELLE ?

  1. Qu’est-ce que la VIE NOUVELLE ?

 

Il y a une émission à la télé, je ne sais pas si vous l’avez vu, qui propose aux personnes un changement de vie radical. Ce changement passe par un régime spectaculaire et un entrainement rude qui va nous permettre de perdre ces kilos que nous avons en trop, restyliser notre figure, et comme ça notre vie ira mieux. Donc, pour ces émissions, la VIE NOUVELLE passe d’abord par le physique. Un nouveau corps pour une nouvelle vie. Quelque part, ce n’est pas faux. Un corps en meilleur forme peut aider à améliorer notre vie. Mais, même s’il est vrai qu’être physiquement en bonne santé est important, lorsque la Bible nous parle de vie nouvelle, il ne s’agit pas uniquement d’un nouveau physique.

Une autre façon d’acquérir une vie nouvelle pourrait passer par le loto. Si je gagne au loto, alors je pourrais avoir cette vie nouvelle que j’aimerai tellement avoir : j’achèterai une nouvelle maison, une nouvelle voiture, j’arrêterai de travailler, j’aurais un nouveau train de vie… Et cela arrive. Ils sont rares, mais il y a des gens qui gagnent au loto et qui transforment leur vie de cette façon. Mais les statistiques disent qu’au moins 1/3 de ces gens finissent en crise. Certes l’argent est important pour vivre, il peut même nous donner une VIE NOUVELLE. Mais lorsque la Bible nous parle d’une vie nouvelle, il ne s’agit pas non plus d’argent.

Mais alors, quelle est cette VIE NOUVELLE ? Ce que dit la Bible, c’est que cette vie nouvelle nous est une vie spirituelle et qu’elle est accessible à travers le sacrifice de Jésus. Cette vie nouvelle, spirituelle, commence à l’intérieur de nous, en transformant nos cœurs.

Le prophète Ezéchiel, que l’on trouve dans la Bible dans la partie de l’Ancien Testament, la première partie, déjà transmet les paroles de ce qui va arriver avec la venue de Jésus :

Ezé_36:26  Je vous donnerai un coeur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau; j'ôterai de votre corps le coeur de pierre, et je vous donnerai un coeur de chair.

La vie nouvelle dont les chrétiens parlent n’est pas un changement radical de ton environnement, ta maison, ton travail ou même de ton corps… C’est un changement radical de ton cœur. C’est par la connaissance de l’amour de Jésus que nos cœurs sont transformés, de cœurs de pierre, en cœurs de chair. Et comment faire cela ? Tout simplement en reconnaissant devant Dieu que nous sommes pécheurs et en acceptant le pardon de Dieu. Quand nous faisons cela, la Bible nous dit que nous recevons une identité nouvelle.

Pourquoi pécheurs ? Pourquoi pardonnés ?

Reconnaître que nous sommes pécheurs c’est reconnaitre que nous avons besoin de Dieu. Il s’agit de reconnaitre notre incapacité à être parfaits devant Dieu. Ce n’est pas dans un but de condamnation. Bien au contraire. Savoir que nous sommes pécheurs nous aide à être des personnes humbles, et à ne pas nous croire meilleurs que les autres ou avoir la grosse tête comme on dit.

Accepter le pardon de Dieu, c’est le pas suivant. Il ne s’agit pas seulement de reconnaitre que nous sommes pécheurs, il y a une décision à prendre : accepter d’être pardonnés par Dieu. Ce pardon est gratuit, nous n’avons qu’à le demander à Dieu, en priant. Et en faisant ce pas, nous acceptons de remettre toute notre vie dans les mains de Dieu, et de le suivre. Reconnaître que nous sommes pardonnés nous aide à être des personnes reconnaissantes, et donc joyeuses.

Cette nouvelle identité que nous recevons par la foi et le pardon en Jésus Christ change notre vie :

Nous n’avons plus besoin de nous battre pour donner un sens à notre vie. Le sens de notre vie nous est donné.

Nous n’avons plus besoin de nous épuiser à justifier notre vie sur terre. Nous sommes justifiés par Dieu.

Nous n’avons plus besoin de courir derrière la réussite, la fortune ou la vaine gloire pour montrer notre importance. Nous sommes aimés par Dieu.

Mais, cette identité nouvelle que nous obtenons de la part de Dieu, ne veut pas dire pour autant que ça y est, nous avons atteint le but, nous sommes parfaits. Tout au long de notre vie, nous devons continuer à travailler sur nous-mêmes, mais avec l’aide de Dieu et du Saint Esprit, pour continuer à avancer.

Dimanche dernier nous avons vu que pour marcher vers cette vie nouvelle, une des clés étaient nos pensées. Nous avons parlé du champ de bataille de la pensée. Des fois, notre pensée est un véritable champ de bataille. Il y a des bonnes et des mauvaises pensées qui viennent à nous, c’est normal. Mais ce que la Bible nous dit, c’est que nous devons en premier lieu identifier ces mauvaises pensées. Si on a des mauvaises pensées qui nous traversent l’esprit, nous dire « attention, cette pensée n’est pas bonne ». Pour cela, notre conscience et notre moral nous aident, mais nous devons aussi connaitre la Bible, la Parole de Dieu, pour savoir discerner ce qui est bien de ce qui est mal.

Et puis, deuxièmement, nous avions lu un passage qui se trouve dans 2 Corinthiens 10 verset 5 qui nous dit : « nous faisons prisonnière toute pensée pour l’amener à obéir au Christ. » 2 Corinthiens 10 : 5

Que veut dire faire prisonnières nos pensées ? Je pense que c’est une image qui signifie tout simplement « évaluer nos pensées devant Jésus ». Sont-elles bonnes ou pas ? Et à partir de là, les garder ou pas.

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Ça c’était dimanche dernier. Mais aujourd’hui je voudrais vous parler d’un autre piège qui nous empêche de vivre une vie nouvelle et nous fait retomber dans notre « ancienne vie » : c’est la volonté de pouvoir. Nous devons travailler notre personne pour nous libérer de ce désir pernicieux de pouvoir.

Au tout début du récit biblique, la stratégie du serpent pour faire tomber Adam et Eve consistait à susciter leur soif de pouvoir : Dieu sait que le jour où vous mangerez du fruit… vous serez comme des dieux.

En fin psychologue, le serpent savait qu’en proposant à l’humain de devenir Dieu, il rejoint un rêve de domination profondément ancré en lui.

Dans le Nouveau Testament, le pouvoir fait partie des tentations que le diable propose à Jésus. Il lui montre tous les Royaumes du monde avec leur gloire et dit à Jésus : Je te donnerai tout cela si tu tombes à mes pieds pour te prosterner devant moi. Et dans l’Apocalypse, on voit comment les humains adorent le pouvoir : On se prosterna devant le dragon, parce qu’il avait donné le pouvoir à la bête ; on se prosterna devant la bête, en disant : qui est semblable à la bête et qui peut lui faire la guerre ?

La recherche du pouvoir, qui correspond au désir de domination, est un des moteurs les plus puissants du comportement humain. Face à ce désir Jésus à complètement renversé la perspective. Le jour où les disciples se sont disputés pour savoir qui était le plus grand, il leur a dit : Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous.

On voit dans ce petit passage de Marc 9 : 34 et 35 que cette recherche de pouvoir peut aussi se trouver parmi les disciples de Jésus. Qui sera le plus grand au Ciel ? Qui s’assoira à la droite de Jésus ?

N’est-ce pas une tentation pour nous aussi ? Être le premier. Nous faire entendre plus que les autres, gagner sa place, être protagonistes. Je pense que même chez les chrétiens, celui-ci est un aspect que nous devons encore beaucoup travailler.  C’est le grand point faible de toute société humaine : la recherche du pouvoir. Dans toutes les sociétés humaines, la question du pouvoir revient et elle est à l’origine des disputes et des guerres.

Cet enseignement de Jésus est vraiment à garder précieusement en nous : Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous.

Dans ce petit enseignement de Jésus, on voit deux défis, « être le dernier de tous » et être le « serviteur de tous ». Je pense que le premier est une question d’attitude, et le deuxième une question d’action, et je vais exposer cela.

Premièrement, être le dernier de tous.

Qui d’entre vous aime arriver en dernier dans une course ? Ou qui aime voir son équipe de foot arriver en dernier au classement ? Ou son pilote préféré arriver en dernier à la ligne d’arrivée ? Quand nous sommes dans une compétition, nous parlons du premier, du vainqueur, et du dernier, le perdant. Mais dans l’église nous ne sommes pas dans une compétition. Ou au moins, nous ne devrions pas l’être. Nous devons être dans l’amour. Et je pense que premièrement, être dernier c’est une question d’attitude.

Il s’agit, comme fait une bonne mère avec ses enfants, de penser à soi en dernier. Ne pas se dire, il faut que mes désirs passent devant ceux des autres, mais savoir écouter et céder. Donc, être le dernier ce n’est pas dans ce qu’on fait, ce n’est pas faire exprès d’arriver en dernier et laisser gagner les autres, ce serait bête, mais c’est avoir cette attitude de penser aux autres en premier.

Paul ira jusqu’à dire aux Philippiens : que l'humilité vous fasse regarder les autres comme étant au-dessus de vous-mêmes.

Avons-nous ce regard envers les autres ?

Et après, il s’agit d’être le serviteur de tous. Il faut bouger. Pour être un serviteur, il faut être bon dans ce qu’on fait. La Bible parle du bon et du mauvais serviteur. Le bon serviteur est intelligent, il sait placer son argent. « Il gère » comme on dit. Donc être le serviteur de tous, c’est aussi être bon dans ce qu’on fait, excellent, mais pas dans un esprit de compétition. Dans un esprit de service.

Mais, comment faire cela ? Comment arriver à être en même temps humble et serviteur ?

Antoine Nouis, dans un commentaire de ce passage dit :

Être libre, c’est être suffisamment construit intérieurement pour déposer sa soif de pouvoir. Antoine Nouis

Être construit intérieurement : Nous devons être construits intérieurement. Qu’est-ce que cela signifie ? Eh bien je pense que l’image de la construction est bonne. Il faut qu’on pose les bons fondements dans notre vie et qu’on y aille petit à petit. La construction d’une maison solide ne se fait pas en un jour. C’est petit à petit que les travaux avancent, jusqu’à ce que finalement la maison est finie. Ça prend du temps. Mais, il faut avoir la volonté de grandir, de s’améliorer, de changer, et être persévérant. Avancer chaque jour petit à petit. Et si une cloison a été mal mise, avec les câbles électriques coincés derrière, et bien des fois il faut démonter pour pouvoir reconstruire.

Comment est-ce qu’on se construit intérieurement ? Ce n’est pas par une prédication. Ça peut aider, nous faire réfléchir… Mais c’est à travers des choix qu’on fait dans notre vie, dans les différentes situations qui se présentent à nous. Et qu’est-ce qui nous permet de faire les bons choix ? Je crois sincèrement que c’est par la méditation de la Bible, en réfléchissant, en pensant, en priant, et en demandant à Jésus de venir nous aider.

Il y a certaines personnes dans la vie qui ont été des référents pour moi. Des gens très bien et très capables. Même s’ils sont très différents, ils ont tous une qualité qu’ils partagent : et c’est qu’on voit l’humilité chez eux. Il faut être suffisamment construit intérieurement pour déposer sa soif de pouvoir.

Et pour finir, je voudrais vous passer une petite vidéo qui va m’aider à parler du troisième point de ma prédication ? Le pouvoir est-il mauvais ? A qui donner le pouvoir ?

Cette vidéo est un extrait d’un de mes films préférés : Gladiateur.

Passer film Gladiateur : 26 : 12 à 27: 10

Platon a dit : Surtout, ne donnez pas le pouvoir à celui qui le veut.  

C’est pour ça que j’aime beaucoup cette scène du film quand César propose à Maximus de devenir le prochain empereur de Rome, et lui il refuse. La réplique de César est : « C’est justement pour ça que ça doit être toi ». Maximus n’est pas dans la recherche avide du pouvoir et c’est cela qui le qualifie pour l’avoir. Mais, on lui demande d’accepter un poste de responsabilité, et c’est un sacrifice pour lui, mais des fois il faut l’accepter. Il met des excuses, il pense que d’autres sont plus qualifiés que lui, mais l’empereur sait que ça doit être lui.

Le pouvoir n’est pas mauvais. Dans ce passage que nous avons lu, Jésus ne condamne pas le fait de vouloir rechercher le pouvoir ou le fait de vouloir être grands. Mais il explique, que celui qui veut être grands parmi les autres, il faut qu’il le devienne par l’humilité et par le service.

Avoir une position de responsabilité, que ce soit dans l’église, ou dans le travail, c’est une bonne chose. Il ne faut pas se dire « c’est parce que je veux rester humble que ne n’accepte pas tel ou tel poste ». Non. On a besoin de personnes capables d’être en haut et de diriger. Jésus, en même temps que serviteur, a de l’autorité. Mais ceux qui ont cette responsabilité doivent l’exercer avec bienveillance envers ceux qui sont sous sa responsabilité, et être bien construits intérieurement pour ne pas laisser que le pouvoir leur monte à la tête. Donc, je vous encourage à rechercher la responsabilité, dans l’église et aussi dans votre travail. C’est quelque chose de bon.

Pour finir, je voudrais juste rappeler cette autre phrase de Jésus qui dit : dans le Royaume de Dieu, les premiers seront les derniers, et les derniers seront les premiers.


Cherchons à être premiers dans le Royaume de Dieu.

La conversion de la pensée, dimanche 4 août 2013

Introduction

Pendant les dimanches du mois d’août, nous allons avoir 4 prédications thématiques, qui vont porter sur la vie nouvelle offerte par Dieu à ceux qui croient et veulent vivre une vie attachée à Lui.

Quelle est cette vie nouvelle et que dois-je faire pour vivre une vie attachée à Dieu ? Qu’est-ce que cela signifie ?

Nous allons voir cela à partir de 4 thèmes très concrets : la conversion de la pensée, la liberté face au pouvoir, la liberté face à la sexualité et enfin la liberté face à l’argent.

Aujourd’hui nous allons parler de ce que signifie « la conversion de la pensée ».

La Bible nous dit que lorsque nous reconnaissons devant Dieu que nous sommes pécheurs et pardonnés, nous recevons une identité nouvelle.

Reconnaître que nous sommes pécheurs nous aide à être des personnes humbles, et à ne pas nous croire meilleurs que les autres ou avoir la grosse tête comme on dit.

Reconnaître que nous sommes pardonnés nous aide à être des personnes reconnaissantes, et donc joyeuses.

Cette nouvelle identité que nous recevons par la foi et le pardon en Jésus Christ change notre vie :

Nous n’avons plus besoin de nous battre pour donner un sens à notre vie. Le sens de notre vie nous est donné.

Nous n’avons plus besoin de nous épuiser à justifier notre vie sur terre. Nous sommes justifiés par Dieu.

Nous n’avons plus besoin de courir derrière la réussite, la fortune ou la vaine gloire pour montrer notre importance. Nous sommes aimés par Dieu.

Dietrich Bonhoeffer est un pasteur allemand, luthérien, qui pendant la seconde guerre mondiale a fait partie de la résistance allemande. Il a été mis à mort en 1944, avant la fin de la guerre. Dans ses années précédentes en prison, Bonhoeffer médite sur le sens de la grâce :

«  Voici que la grâce de l’Evangile, si difficile à comprendre aux gens pieux, nous met en face de la vérité et nous dit : Tu es un pécheur, un très grand pécheur, incurablement, mais tu peux aller, tel que tu es, à Dieu qui t’aime. Il te veut tel que tu es, sans que tu fasses rien, sans que tu donnes rien, il te veut toi-même, toi seul… Réjouis-toi ! En te disant la vérité, ce message te libère. Dieu veut te voir tel que tu es pour te faire grâce. Tu n’as plus besoin de te mentir à toi-même et de mentir aux autres en te faisant passer pour sans péché. Ici, il t’es permis d’être un pécheur, remercie Dieu. »

LA GRACE

Voilà une bonne définition de ce qu’est la grâce de Dieu. Dieu nous aime tels que nous sommes, il veut que nous allions vers Lui, car il a les moyens de nous donner cette vie pleine de sens, de liberté et d’amour. Contrairement à ce qu’on peut penser des fois au sujet des chrétiens, parce que c’est des fois la fausse image qu’on donne, d’être parfaits, Bonhoeffer dit « Tu n’as plus besoin de te mentir à toi-même et de mentir aux autres en te faisant passer pour sans péché. Ici, il t’es permis d’être un pécheur, remercie Dieu ». Est-ce que ça ne nous est pas déjà arrivé de vouloir faire semblant d’être parfait, d’être bien, et donc de cacher en quelque sortes nos fautes. C’est un des pièges des communautés chrétiennes. Tomber dans le légalisme. Tout le monde fait semblant d’être très bien, mais il n’y a pas de vrai échange, pas de vrai partage. Avouons-le. Nous avons tous des mauvaises habitudes, des vices, des mauvaises attitudes. Nous sommes tous pécheurs, et pas simplement un petit peu, mais beaucoup, comme dit Bonhoeffer. Donc, reconnaissons-le, pour nous et aussi pour les autres. Nous avons le droit de nous tromper et de ne pas être parfaits. Bonhoeffer dit : « ici, il t’est permis d’être pécheur ». Il ne dit pas « il t’est permis de pécher », mais plutôt, que nous sommes acceptés tels que nous sommes. L’église doit être une communauté de grâce, non pas de jugement.

L’ENGAGEMENT

Mais Bonhoeffer est conscient aussi du prix que coûte suivre les pas de Jésus. Si on pense que sa phrase « il t’es permis d’être pécheur » est trop laxiste, c’est qu’on ne connait pas bien le personnage. Pour lui, suivre Jésus a signifié de mourir en martyr sous le régime nazi. La communauté de grâce ne signifie pas un relâchement envers Jésus, mais au contraire, une pleine dédication et soumission à Lui. Heureusement, mourir en tant que martyr n’est pas le sort qui nous est réservé à tous, mais en quelque sorte, suivre Jésus signifie aussi pour nous de mourir à nous-mêmes. Et mourir, c’est difficile.

LE MODELAGE

Suivre Jésus c’est nous laisser modeler par Lui. Comme le potier qui façonne une de ses œuvres, Jésus veut nous façonner. Il veut nous rendre meilleurs, beaux, propres, solides, éprouvés. Mais pour cela, il doit faire un travail en nous, et probablement, dans certaines parties de notre vie, nos mauvaises habitudes, notre orgueil, notre fainéantise, nous allons devoir mourir. Ce n’est pas juste un changement de comportement que Dieu veut faire en nous, cela va jusqu’à la conversion de la pensée.

Dans l’épître aux Romains, au chapitre 12, Paul parle de ce sacrifice, et de cette transformation du chrétien. Les deux premiers versets résument bien :

« Je vous invite donc, frères, à cause de cette immense bonté de Dieu, à lui offrir votre corps comme un sacrifice vivant, saint, et qui plaise à Dieu. Ce sera là de votre part un culte spirituel. Ne vous laissez pas modeler par le monde actuel, mais laissez vous transformer par le renouvellement de votre pensée, pour pouvoir discerner la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait. » Romains 12 : 1-2.

Quand Paul dit que nous nous devons offrir notre corps à Dieu en sacrifice, il est en train de dire que nous devons lui offrir notre corps, notre personne, pour qu’il puisse nous modeler, nous façonner, comme si nous étions un vase.

Au début de l’épître aux Romains, au chapitre 1, Paul dit que les hommes se sont éloignés de la pensée de Dieu. « Ils se sont égarés dans leurs pensées, et leur cœur sans intelligence a été plongé dans les ténèbres. Se vantant d'être sages, ils sont devenus fous » Romains 1 :21-22

Mais dans le texte qu’on a lu, il exhorte les chrétiens à ne pas se laisser façonner par le monde. Nous parlions de cette analogie du potier qui façonne. En fait soit nous nous laissons façonner par le monde, soit nous nous laissons façonner par Dieu. Les être humains nous sommes constamment en mouvement, en friction, en relation avec les autres et avec notre entourage. Et cela nous forme et nous façonne. Paul nous exhorte donc à savoir être façonnés en mieux et pas en pire, façonnés par Dieu.

Mais, dans notre corps, il y a un aspect fondamental que Dieu veut transformer en nous. Il nous le dit au verset suivant. C’est la pensée. Ce verset parle de se laisser transformer par le renouvellement de notre pensée, pour pouvoir discerner la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait.

LE CHAMP DE BATAILLE DE LA PENSEE

Joyce Meyer dit que la pensée est un champ de bataille. « Nos actions sont le résultat direct de nos pensées. Si nos pensées sont négatives, notre vie sera négative. Si à l’inverse, nous renouvelons nos pensées d’après la Parole de Dieu, nous révèlerons par nos vies «  la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait ».

Je pense que les mauvaises pensées peuvent venir des fois de nous-mêmes, « de nos propres concupiscences » dit Paul dans Romains 7. Des mauvais désirs qui sont enfouis en nous et qui ressortent. Ou alors, des fois ces pensées ne viennent pas de nous, mais de l’Ennemi. Nous voyons par exemple quand Jésus est tenté dans le désert, que c’est Satan directement qui vient le tenter. Comment discerner si ça vient de nous ou de l’Ennemi. Quand il y a des pensées qui nous viennent qui sont complètement en dehors de ce que nous pensons d’habitude, et souvent très mauvaises, sombres, obscures… c’est peut-être une attaque. Ce sont des pensées qui ne viennent pas de nous, il faut les faire partir.

Lorsque nous tombons et nous péchons, la repentance ne signifie pas simplement de regretter ce qu’on a fait, mais il s’agit de réorienter notre vie, nos paroles, nos pensées et nos actes vers Dieu. Comment le faire ? La pensée est le premier lieu.

La deuxième épître aux Corinthiens nous donne la clé pour cela :

« Oui, nous renversons les faux raisonnements, ainsi que tout ce qui se dresse prétentieusement contre la connaissance de Dieu, et nous faisons prisonnière toute pensée pour l’amener à obéir au Christ. » 2 Corinthiens 10 : 4-5. Ce passage montre que nous devons connaître la Parole de Dieu de façon à comparer les pensées de Dieu aux nôtres. Toute pensée que nous reconnaissons qu’elle ne vient pas de Dieu nous devons l’emmener prisonnière à Jésus Christ. Qu’est-ce que cela veut dire, l’emmener prisonnière ? Il s’agit de réfléchir : est-ce que cette pensée vient de Dieu ? Si nous arrivons à la conclusion que non, il faut résister à cette pensée.

L’épître aux romains nous montre que la VIE NOUVELLE en Christ est un long processus de vie. Par le renouvellement de notre pensée, de notre cœur, nous devenons de plus en plus semblables à Jésus. C’est ce qu’on appelle la sanctification. C’est un fruit de la grâce qui appartient à la responsabilité de chaque chrétien, et trouve sa source dans la liberté que Dieu nous offre.

L’appel à la sanctification est un appel à la liberté. La liberté n’est pas naturelle, ce qui est naturel, c’est le conformisme. Nous ne pouvons être libres que si nous avons été libérés de nos servitudes et de nos vices. Aujourd’hui nous avons vu la nécessité de renouveler notre façon de penser. Les trois prochains dimanche, nous allons voir comment cela se joue concrètement face aux idoles de notre monde. Nous verrons ce que la sanctification et la liberté signifie à l’égard du pouvoir, de la sexualité et de l’argent.

à Ouvrir un espace de discussion sur ce que signifie la transformation de la pensée

Jésus et la femme adultère, Dimanche 24 Mars 2013

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Introduction

Je voudrais aujourd’hui vous raconter l’histoire d’une femme condamnée à mort. Cette femme avait supposément été surprise en train de commettre un adultère, donc en train de coucher avec quelqu’un d’autre que son mari, et on l’avait emmené pour être mise à mort, par la lapidation, donc en lui lançant des pierres jusqu’à la mort. Cette femme dont nous ne savons rien, se trouvait attrapée, prisonnière, maltraitée, insultée, probablement battue et en attente de recevoir la peine capitale. J’essaye de me mettre à sa place, même si je pense que ce n’est pas vraiment possible de savoir ce qu’elle a vécu, mais je pense qu’elle a du se sentir dans une impasse, impuissante, avec des gens qui lui veulent du mal –certes, elle avait péché, mais quand même, sans aucune pitié, aucune grâce, aucune miséricorde. Nous sommes nous déjà sentis prisonniers comme cette femme ?

Nous lisons ce passage dans le chapitre 8 de Jean, les versets 1 à 5

Jésus se rendit à la montagne des oliviers. Mais, dès le matin, il alla de nouveau dans le temple, et tout le peuple vint à lui. S'étant assis, il les enseignait. Alors les scribes et les pharisiens amenèrent une femme surprise en adultère; et, la plaçant au milieu du peuple, ils dirent à Jésus: Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère. Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes: toi donc, que dis-tu?

Toi donc, que dis-tu ? Cette question posée à Jésus révèle beaucoup de la nature du problème qui est devant nous. L’important ici, ce n’est pas que la femme ait péché ou pas péché. Les pharisiens s’en fichent de ça. L’important ici, c’est qu’est-ce que va dire Jésus. Ils essayent de lui tendre un piège. Et nous voyons bien cela dans le verset suivant, qui dit :

Jea 8:6  Ils disaient cela pour l'éprouver, afin de pouvoir l'accuser.

Donc, voilà la situation. Aucune pitié, aucune considération, aucune compassion pour cette femme, elle n’est qu’un cobaye dans les mains des pharisiens pour pouvoir tendre un piège à Jésus. Comment va Jésus résoudre cette affaire ?

  1. L’intelligence : savoir agir dans une situation délicate

 En premier lieu, je voudrais parler de l’intelligence de Jésus face à cette situation délicate.

Nous sommes-nous déjà trouvé devant ce genre de situations dans lesquelles la réponse théoriquement correcte est en fait la mauvaise ? Où des personnes nous induisent, dans leur propre intérêt, à faire du mal à quelqu’un, en nous tendant un piège ? Est-ce que nous savons réagir devant ce genre de situations ? Jésus dans ce passage nous donne l’exemple sous forme de plusieurs pistes à suivre.

 a. Jésus ne se laisse pas démonter

 En premier lieu, Jésus ne se laisse pas démonter. On le voit dans sa réaction : au lieu de répondre à la question qu’on lui pose, vous savez probablement ce qu’il fait… oui, il se baisse et se met à écrire par terre. Nous connaissons ce texte.

Il y a beaucoup d’explications possibles sur pourquoi il se baisse et se met à écrire : il écrit les péchés des pharisiens, il écrit des mots contre les pharisiens, Jésus simplement montre qu’il ne s’intéresse pas à cette affaire parce que lui il est venu sauver et non pas condamner, Jésus montre qu’il est Dieu en écrivant avec son doigt de la même façon que Dieu écrit la Loi sur les tables de pierre au mont Sinaï… Mais en fait, ce n’est pas une question qui m’intéresse trop. Simplement, la Bible n’a pas voulu nous dire de quoi il s’agit. La seule chose qui me semble sûre ici c’est qu’écrire sur le sol laisse un temps de silence entre ce que les pharisiens disent et la réponse de Jésus.

Ce qu’on voit ici, c’est qu’il ne se laisse pas démonter. Des fois, on nous tend un piège, notre première réaction c’est de nous défendre, de donner des explications simples et vite fait, de bégayer… « ben… euh… mais… ». Jésus ne fait pas ça. Il prend son temps. Il ne rentre pas dans le jeu de ceux qui lui tendent un piège, il ne répond pas tout de suite, il prend la situation en main.

 b. Remettre le bon cadre.

 Par ce simple fait d’attendre un peu, Jésus commence à remettre le bon cadre et à prendre la situation en main. Le cadre qu’on nous donne n’est pas forcément toujours le vrai cadre. Les pharisiens voulaient que Jésus joue leur jeu, en le situant dans le cadre qu’eux-mêmes avaient disposé. Mais Jésus n’est pas prêt d’accepter ce cadre. Il recherche la vérité, et la vérité est que la situation dans laquelle ils sont est loin d’être une situation correcte vis-à-vis de la loi de Moises. Et Jésus va donc remettre le bon cadre, pas celui qu’on lui donne, mais celui qui est vrai.

Voilà encore l’intelligence de Jésus. De la même façon, nous devons être intelligents dans les situations face auxquelles des fois les gens veulent nous mettre. Ce n’est pas toujours comme ça, mais des fois, les gens veulent contrôler notre vie et nous faire danser au rythme que eux ils imposent. C’est une forme d’abus. Dans ce cas, Jésus nous montre l’exemple pour remettre le bon cadre. Mais comment ?

 c. Connaître la loi

 Jésus connait très bien la loi de Moises. Il la connait suffisamment bien pour ne pas se laisser entrainer par ce que disent les pharisiens et les soi-disant « maitres de la loi ».

Certes, dans le livre de la loi, le Deutéronome au chapitre 22 il est écrit :

Deu 22:22  Si l'on trouve un homme couché avec une femme mariée, ils mourront tous deux, l'homme qui a couché avec la femme, et la femme aussi. Tu ôteras ainsi le mal du milieu d'Israël.

Donc, c’est vrai, ceci est écrit dans la loi de Moises. Ça peut nous paraitre étrange aujourd’hui, même abominable, mais c’était quelque chose de normal il y a 3000 ans dans les cultures de la Mésopotamie ancienne. Bon, nous n’allons pas rentrer à discuter si c’est bien ou c’est mal, mais nous allons observer une chose : dans cette loi, il est bien dit que la femme ET l’homme doivent mourir tous les deux. Dans la situation dans laquelle nous nous trouvons : où est l’homme ? Si comme les pharisiens le disent, ils ont surpris la femme en flagrant délit, c’est logique qu’ils ont surprit aussi l’homme n’est-ce pas ? On ne commet pas un adultère tout seul, ça c’est clair. Et dans ce cas, où est-il ? Soit les pharisiens ne sont pas aussi « légalistes » comme ils le prétendent, soit cette affaire est vraiment louche.

Et après, dans Deutéronome 17, il y a un texte très connu par tous à l’époque et qui pose les bases d’un procès devant la justice :

Deu 17:4  Dès que tu en auras connaissance, dès que tu l'auras appris, tu feras avec soin des recherches. La chose est-elle vraie, le fait est-il établi, cette abomination a-t-elle été commise en Israël,

Apparemment ici, les recherches n’ont pas vraiment été faites avec soin. Cette femme avait droit à un jugement juste autour d’un tribunal, surtout quand il s’agit d’une peine capitale. D’après la loi de Moises, il fallait agir comme ça, et pas dans un vulgaire tribunal populaire au milieu d’une place. El le Deutéronome continue :

Deu 17:5  alors tu feras venir à tes portes l'homme ou la femme qui sera coupable de cette mauvaise action, et tu lapideras ou puniras de mort cet homme ou cette femme.

D’accord, ici ça rejoint ce qu’on a déjà vu avant.

Deu 17:6  Celui qui mérite la mort sera exécuté sur la déposition de deux ou de trois témoins; il ne sera pas mis à mort sur la déposition d'un seul témoin.

Ah, ici, il faut qu’il y ait la déposition de deux ou trois témoins. Un seul témoin n’est pas valable, ce serait trop facile. Dans notre histoire, qui sont les deux ou trois témoins ? C’est pas bien clair… Nous n’avons qu’un vague « cette femme a été surprise ». Ok, par qui ? Comment ? Où ? il faut des preuves… Ce prétendu tribunal n’est en réalité qu’un coup monté.

 Donc, Jésus fait preuve d’intelligence. Il ne se laisse pas démonter. Il est capable de remettre un cadre à cette situation parce qu’il connait la loi.

Dès le début, cette histoire n’est pas nette. Cette femme, pour être mise à mort devrait être jugée devant un tribunal, le Sanedrin, d’après les coutumes juives. Le fait qu’on l’ammène vers Jésus et non pas devant le tribunal prouve déjà les mauvaises intentions de ces gens. Ce n’est pas qu’ils s’intéressent à accomplir la loi de Moises, puisqu’ils ne la respectent pas eux-mêmes. Ce n’est pas qu’ils s’intéressent à la femme, puisqu’ils sont en train de violer ses droits.

En fait, la seule chose qu’ils veulent c’est réussir à faire tomber Jésus dans le piège de se positionner soit en faveur de la loi de Moises, en tombant en même temps dans une défaite morale, soit contre la loi de Moises, faisant le bien mais étant vu comme un transgresseur de la loi.

Jésus montre en premier lieu son intelligence. Agissons-nous avec intelligence ? Et ici je m’adresse à chacun de vous. Quelques fois, dans différentes situations de la vie, des personnes veulent nous jouer des mauvais tours et nous forcer à rentrer dans des situations qui finalement ne les arrangent qu’à eux. Ils créent un cadre, et ils veulent que nous jouions selon leurs règles. Mais c’est dans ces situations que nous devons faire preuve d’intelligence, comme Jésus ici. Il ne se laisse pas dominer par les autres, il remet lui-même le cadre.

Nous avons vu l’intelligence de Jésus, et maintenant, plus courtement, je voudrais voir l’attitude de Jésus : Prendre la défense du plus faible. Le courage.

 2. L’attitude de Jésus : prendre la défense du plus faible : le courage.

 CS Lewis, professeur de l’université de Cambridge et auteur des chroniques de Narnia entre beaucoup d’autres livres et grand défenseur du christianisme a dit :

L e courage n’est pas simplement une des vertus, mais c’est la forme de chaque vertu au moment de l’épreuve.

Courage is not simply one of the virtues , but the form of every virtue at the testing point.

 

Que veux dire cette phrase ? C’est bien d’avoir des vertus telles que l’intelligence, comme Jésus dans cette histoire. Mais l’intelligence seule, ne sert à rien, il faut la mettre en pratique. Si on est très intelligent mais on n’a pas le courage d’agir après, ça ne sert à rien. Le courage permet aux différentes vertus de prendre leur place.

Dans une situation pareille, et quand nous n’avons pas trop d’intelligence ni de courage, la solution facile c’est de se protéger soi-même, quitte à commettre une injustice envers les autres. On se dit « tant pis, je n’ai pas le choix ». C’est vrai que je laisse tomber une personne, mais si je ne le fais pas, les conséquences pour moi seront trop grandes. Et en plus, ce n’est pas ma faute si cette femme ne sait pas se tenir. Elle a quand même commis un adultère, ce n’est pas peu de chose. Avec ce genre de raisonnements, nous agissons comme des lâches.

Mais Jésus lui, n’agit pas comme un lâche. Il a le courage de se porter en défenseur de cette femme. Il affronte la foule et se met entre la femme et ceux qui l’accusent.

Mais Jésus, s'étant baissé, écrivait avec le doigt sur la terre.

Jea 8:7  Comme ils continuaient à l'interroger, il se releva et leur dit: Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle.

Jea 8:8  Et s'étant de nouveau baissé, il écrivait sur la terre.

Nous lisions avant Deutéronome 17, et nous avions lu les versets 4, 5 et 6. La réponse que Jésus donne maintenant est en rapport avec le verset suivant, le verset 7 :

Deu 17:7  La main des témoins se lèvera la première sur lui pour le faire mourir, et la main de tout le peuple ensuite. Tu ôteras ainsi le mal du milieu de toi.

Vous vous souvenez qu’il fallait qu’il y ait au moins deux témoins ? La main de ces témoins devait se lever en premier. Mais est-ce que c’est vrai qu’il y avait des témoins ?

Peut-être qu’en fait il n’y en avait pas. Personne n’ose jeter la première pierre, celle qui correspond aux témoins, c’est peut-être révélateur.

Mais les paroles de Jésus vont plus loin. Il dit : que celui qui est libre de péché lance la première pierre. Donc il ne s’agit pas seulement d’avoir vraiment été témoins ou pas, il s’agit de dignité personnelle. Et ici Jésus est en train de montrer qu’aucune des personnes présentes n’est digne de juger et de condamner cette femme. Voilà une énorme leçon aussi pour nous !

Jésus parle à plusieurs reprises du jugement : attention à toi qui juge, parce que de la mesure dont tu juge tu seras juger. Une fois de plus, la Bible nous prévient sérieusement de porter des jugements sur les personnes.

Et nous voyons dans l’histoire que petit à petit, toutes les personnes qui étaient là et qui accusaient la femme se retirent les unes après les autres. Il ne reste plus que Jésus et la femme. Jésus lui dit : Femme, où sont ceux qui t'accusaient? Personne ne t'a-t-il condamnée? Elle répondit: Non, Seigneur. Et Jésus lui dit: Je ne te condamne pas non plus: va, et ne pèche plus.

On remarque ces paroles de Jésus : va, je ne te condamne pas, mais aussi « ne pêche plus ». Jésus ne cautionne pas le péché. Dieu ne cautionne pas le péché !

Mais il y a ici un parallélisme très fort avec les paroles de Paul dans Romains 8.1 « il n’y a aucune condamnation en Jésus Christ »


Conclusion : Le rapport de Jésus à la loi.

 Pour finir, je voudrais voir avec vous le rapport de Jésus à la loi.

Ce texte nous permet de réfléchir au rapport de Jésus à la loi de Moises. Quel est le problème de la loi ?

L’apôtre Paul, toujours dans romains, se pose la question : A quoi sert la loi ? Et sa réponse est que la loi sert à connaitre le péché. S’il n’y avait pas de loi, sur quelles bases pourrions nous définir le bien et le mal ? Uniquement sur notre conscience, mais ce n’est pas suffisant. C’est pour ça que Dieu donne la loi au peuple d’Israël. Mais le problème c’est que la loi n’est pas parfaite, parce qu’on peut toujours en faire un mauvais usage. Et la loi n’est pas suffisante pour que les hommes fassent le bien. Ce n’est pas en faisant plus de loi que nous obtenons une société meilleure, nous le savons très bien.

Donc la loi n’est qu’un stade intermédiaire dans le plan de Dieu et sert uniquement à prendre connaissance du péché. Les religions en général restent sur un certain nombre de lois, souvent éthiques ou religieuses, mais qui ne sont jamais parfaites. Quand dans l’église nous fonctionnons à partir de lois, nous faisons la même chose.

Ce qui différencie le christianisme des autres religions, c’est que ce n’est pas nous qui devons accomplir la loi, mais c’est Jésus Christ qui accomplit la loi pour nous. Il y a une loi, mais cette loi a déjà été accomplie pour nous, en notre faveur, par Jésus.

Donc, voilà, tout ce qui reste, c’est la grâce !

Quelque fois ont a peur de trop parler de la grâce parce qu’on se dit que les gens prendront cela comme une excuse pour pécher, mais non !!! Les personnes qui ont vraiment connu Jésus ne prendront jamais la grâce comme une excuse pour pécher.

Donc, qu’est-ce qui nous reste à faire ? C’est de vivre notre vie le mieux qu’on peut. De suivre jésus, non par obligation mais par amour. Le suivre de cœur. Et vivre dans la paix sachant qu’il n’y a aucune condamnation en Jésus Christ, romains 8.

Et donc, dernière question : de quel droit Jésus dit à la femme « je ne te condamne pas » ?

Si nous spiritualisons un peu le texte, nous pouvons dire que Jésus a le droit de dire à cette femme « je ne te condamne pas » parce que c’est lui qui va porter sur ses épaules le poids de la condamnation de Dieu. Il meurt pour nos fautes, et pour cette femme, c’est impossible que le sacrifice de Jésus soit plus concret et évident. Il ne la condamne pas parce qu’il va mourir lui-même à sa place.

De cette façon, Jésus accomplit la loi à 100 %. Il la confirme, en mourant pour nos péchés. Le salaire du péché c’est la mort, et il l’accomplit.

Application finale

 Pour finir, nous avons vu dans cette histoire 3 personnages principaux : Jésus, la femme adultère, et les pharisiens. Qui es-tu ce matin ?

Aujourd’hui, qui sommes-nous ? La femme, qui est en détresse et a besoin d’être sauvée ? Jésus, pas dans le sens où on se croit aussi bien que Jésus, mais en tant que ses disciples qui vont aussi travailler pour la justice sociale et pour les droits de l’homme ? Ou le peuple, et dans ce cas on reconnait que dernièrement nous avons été un peu rapides à juger et à critiquer les autres ?

Nous ne sommes bien sûr pas juste un seul de ces personnages. Quelque part, nous sommes les 3. Des fois, nous avons eu besoin de secours parce que, oui, on s’est trompés.

Temps de prière. 

Culte de Noël 2012 - Mais qui est Jésus?

Introduction

A Noel, la fête de la nativité, nous célébrons la naissance du petit Jésus. Mais, qui est Jésus ? Qui est ce petit bébé que nous mettons dans la crèche la nuit du 24 décembre ? Cette figure d’un homme souffrant, crucifié, que nous voyons de temps à autres quand nous passons devant une église ? Cet intrigant charpentier juif qui a coupé en deux l’histoire de ce monde ?

Il y a beaucoup de personnes qui se sont posé la question de qui est Jésus. La réponse que je veux vous apporter aujourd’hui n’est pas la mienne, mais c’est celle que nous donne ce livre que j’ai dans la main, la Bible. Mon intention ce matin est de vous présenter le Jésus de la Bible, celui auquel tous les chrétiens, qu’ils soient catholiques, protestants ou orthodoxes, croyons.

1.     Le miracle de l’incarnation.

En premier lieu, l’incarnation. Dieu qui devient homme. Je connais beaucoup d’hommes qui voudraient devenir Dieu, mais Dieu qui veut devenir homme ? ça je connais pas =)

Tout le christianisme repose sur un miracle : Marie qui tombe enceinte étant vierge, car elle va accoucher de Dieu lui-même.

Mais le vrai miracle n’est pas que Marie tombe enceinte étant vierge. C’est vrai  qu’on a du mal y croire parce que cela casse toutes les lois de la nature et c’est scientifiquement improbable. Mais le vrai miracle de l’incarnation apparait quand nous l’observons depuis une perspective beaucoup plus large : le Dieu infini qui transperce toutes les barrières pour entrer dans l’univers fini. Le Créateur de l’Univers lui-même qui réussit à percer et à pénétrer dans sa propre création. C’est là que le miracle de l’incarnation prend tout sa dimension et sa force.

Et plus encore, ce Dieu Créateur de la Terre et du Ciel, qui tient tout l’Univers dans la paume de sa main, ce Dieu qui s’est révélé à Moises dans un buisson ardent, qui a guidé Israel dans le désert comme un nuage le jour, et une colonne de feu la nuit, qui a ouvert la mer Rouge, ce Dieu puissant, s’est fait tout petit, sous la forme d’un bébé fragile, pour naitre, non dans un palais, mais dans la plus grande précarité, dans une grange, dans une ferme, entre les crottes, et l’odeur du foin mélangée à celle des animaux, dans une étable. Voilà le miracle de l’incarnation.

2.     Le message

En deuxième lieu le message. Qu’est-ce que ce supposé Fils de Dieu, et en même temps Dieu lui-même, a à nous dire ? S’il est vraiment Dieu, quel est le message qu’il va apporter aux hommes ?

A nouveau le message de Jésus est un vrai miracle. Le message de Jésus n’est pas cool et paisible, mais il choque, il rentre en confrontation avec l’être humain. Jésus ne dit pas seulement « aime ton prochain comme toi-même », il dit « aimez vos ennemis », « faites du bien à ceux qui vous font du mal », « tendez l’autre joue ». Et il ne le dit pas seulement, il l’accomplit et montre l’exemple. Voilà un message qui choque et qui nous impacte. Avoir un peu de charité envers ceux qui souffrent, d’accord, mais aimer nos ennemis ???

Mais son message ne s’arrête pas là, il va bien plus loin ! Le message de Jésus est tel qu’il ne peut être repris par nul autre. Jésus a dit dans Jean 14 : 6. « Je suis le chemin, la vérité et la vie, nul ne vient au Père sinon par moi ».       Si quelqu’un entre par cette porte et dis « suivez moi parce que je suis le chemin, la vérité et la vie », nous ferons vite fait d’appeler les pompiers pour qu’on l’emmène à l’asile. Donc Jésus peut être, soit un vrai fou, soit le Fils de Dieu lui-même. Nous ne pouvons pas le considérer à un niveau intermédiaire, comme un grand savant ou un grand pacifiste car lui-même ne nous en a pas laissé l’option. Quel type de pacifiste dit je suis le chemin la vérité et la vie ? Vous imaginez Gandhi dire ça ? Et pourtant, Jésus à prononcé ces paroles.

3.     L’espérance

Nous arrivons au troisième et dernier point, du message, l’espérance. Jésus a dit « Je suis le chemin la vérité et la vie, nul ne vient au Père si ce n’est par moi ». Voilà l’espérance chrétienne : c’est d’aller au Père. Si Jésus n’est pas un fou qui s’est prit pour dieu, mais il est vraiment Dieu qui s’est fait homme, il peut nous montrer le chemin vers le Père et vers une vie pleine de sens et d’espérance.

Jésus est mort sur la croix parce qu’il est allé jusqu’au bout de son message. Quand il aurait pu se taire et éviter les problèmes, il ne l’a pas fait. Il a résisté ferme et c’est pour ça qu’on l’a condamné à mort, et en plus une mort par la torture. Mais, nous croyons que Dieu l’a ressuscité le troisième jour, et il est retourné au Ciel, avec le Père, de là où il venait. Il n’y est pas retourné parce qu’il est mort. D’abord il est mort, après il est ressuscité sur terre, et après il est monté au Ciel étant vivant. C’est pour cela que nous croyons qu’Il est toujours présent et qu’Il peut nous accompagner dans notre vie, et que nous pouvons même parler avec lui et il nous écoute et nous répond. Parce qu’il est vivant !

Et nous pouvons aller plus loin. L’apôtre Paul nous dit que le fait que Jésus soit ressuscité est la preuve que nous aussi nous ressusciterons un jour. Si nous croyons que Jésus est ressuscité, nous croyons forcément que nous aussi nous ressusciterons avec lui un jour. C’est ce que dit Paul dans 1 corinthien 15, il parle de « cette ferme espérance ». La vie ne termine pas sur terre. Après la mort, les choses continuent. Voilà l’espérance chrétienne. La seule chose que Dieu nous demande, pour avoir part nous aussi à cette résurrection, est de croire en Lui. Croire, c’est magnifique. Croire c’est l’espérance, lorsque ce auquel nous croyons est fondé. Et croire est accessible à tous, au plus pauvre et au plus riche, jusqu’au plus misérable des êtres humains.

Conclusion

Croire en quoi ? Croire en Jésus, le Dieu tout puissant qui a transpercé sa réalité de l’infini pour entrer dans notre réalité du fini, naissant dans une pauvre étable. Ce Jésus qui a défendu les pauvres et les maltraités, et qui nous a montré l’exemple pour que nous ne vivons pas simplement notre vie vite fait, mais pour que nous vivons bien notre vie, une vie pleine et abondante, et pour finalement, donner une espérance à tous ceux qui veulent croire. Cette espérance c’est la résurrection. Croire. Jésus nous invite chacun de nous à croire en Lui et à le suivre. Maintenant c’est à ton tour de répondre. Veux-tu croire ?

Je vous propose maintenant de chanter un chant qui va nous permettre de méditer toutes ces paroles. Il s’appelle en Jésus seul.